‹ La Vie des saintsChapitre 380 sur 536 · SAINT PATIENT · texte numérisé non relu

SAINT PATIENT

Sacré évêque de Lyon en 450, Patient succéda sur ce siège à saint Eucher. Selon le témoignage de Sidoine Apollinaire, qui professait pour lui une vive amitié, il possédait toutes les vertus épiscopales, et l’on ne savait ce qu’il fallait le plus admirer en lui, ou son zèle pour la gloire de Dieu ou sa charité envers les malheureux. Son dévouement pastoral éclata surtout à la suite des invasions que firent les Visigoths dans le midi de la Gaule en 473 et en 474. Les moissons ayant été ravagées, il

en résulta une cruelle famine : Patient fit acheter des grains clans les provinces que la guerre avait épargnées, les distribua gratuitement à Lyon et aux alentours, et en envoya en Provence, en Auvergne et jusqu’en Italie. Un service non moins grand qu’il rendit à l’Eglise fut de ramener à la foi orthodoxe la plupart des ariens, établis non seulement dans son diocèse, mais chez les Bourguignons. En 472 il fit construire en l’honneur de saint Irénée une belle église, décorée de marbres précieux et de mosaïques. On croit qu’il mourut en 489 ou 490.

SAINT ADELPHE.

Petit-fils d’un saint, Romaric d’Austrasie, filleul d’un saint, Amé de Grenoble, tous deux abbés du monastère de Remiremont, Adelphe reçut son éducation sous la direction d’un autre saint, Arnoul de Metz; il sut profiter de ces bons exemples et acquit bientôt, avec une fervente piété, l’esprit de détachement qui caractérise les vrais serviteurs de Dieu. Ayant quitté Arnoul il revint prononcer ses vœux au monastère de son aïeul, et se trouva désigné, àsa mort (653), pour prendre le gouvernement des deux abbayes ; l’une était composée de moines, l’autre de religieuses dirigées particulièrement par sa sœur Gertrude, qui rivalisait avec lui de zèle et d’austérités. Il fut abbé de Remiremont pendant dix-sept ans, partageant sa vie entre la prière et les soins de ses fonctions, qu’une longue maladie lui rendit fort pénibles. Un jour que ses souffrances étaient extrêmes, il appela un prêtre, et fit une confession générale de toutes les fautes qu’il pouvait se reprocher, puis ayant convoqué ses religieux et religieuses, il leur dit : « Frères bien-aimés et très pieuses sœurs, il me faut prendre congé de vous et aller vers nos frères de Luxeuil. Je vais implorer leurs prières comme j’implore les vôtres pour la rémission de mes péchés. » Il se démit de sa charge et partit pour Luxeuil, où la mort vint le visiter bientôt après, le 11 septembre, vers 670. Son corps fut transféré depuis à Remiremont.

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