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SAINTE MARCELLE

A Rome, sur la fin du quatrième siècle, il y eut comme un entrainement vers la vie spirituelle et pénitente, et ce fut surtout la vieille noblesse qui donna ce grand exemple de régénération. Au premier rang

fig. 18. — Sainte Marcelle. D’après nue estampe du XVIIe siècle.

nous voyons Marcelle, la dernière descendante d’une famille dont le nom illustre rappelait les plus beaux temps de la république. Ayant perdu son père et presque aussitôt son époux après sept mois de mariage ,

elle demeura veuve en la fleur de son âge et de sa beauté. Résolue de consacrer à Dieu le reste de ses jours, elle se proposa d’imiter les Antoine et les Pacôme, et de mettre en pratique les récits que lui avait faits saint Athanase de leur genre de vie. Elle se vêtit d’habits grossiers, s’interdit l’usage du vin et de la viande, et partagea son temps entre la lecture des Livres saints, la prière et la visite des pauvres. Dans son palais du mont Aventin, elle réunit les plus doctes d’entre les chrétiens et les plus pieuses d’entre les matrones, pour s’encourager mutuellement à suivre les voies de la perfection.

Quand saint Jérôme vint à Rome (382), elle se plaça en quelque sorte sous sa conduite : sans cesse elle le sollicitait de lui expliquer les passages obscurs de l’Ecriture, soulevait des difficultés pour en avoir la solution , et recourait même à la controverse en vue de mieux s’éclairer. Après son départ, elle le consulta fréquemment, et l’on possède encore les onze lettres qu’il lui écrivit de la Terre sainte. Sa mère Albine, dont elle n’avait pas voulu se séparer, mourut en 387. Marcelle se retira alors dans une maison des champs, transformée en monastère, et devint l’auxiliaire du pape Anastase, qu’elle décida à condamner les doctrines d’Origène. Une douloureuse épreuve couronna sa vie. Dans la prise de Rome par Alaric (24 août 410), les Goths envahirent sa retraite et, croyant l’obliger à leur livrer des richesses qu’elle n’avait plus, ils la déchirèrent à coups de fouet. Insensible à cette avanie, elle ne s’occupa que de sauver l’innocence de Principia, la seule des religieuses qui se trouvât avec elle. A quelques jours de là, elle expira dans la basilique de Saint-Paul, réservée par les barbares comme lieu d’asile.

SAINT PIERRE NOLASQUE.

Issu d’une famille honorable qui tirait son nom de la ville de Noie, en Italie, il naquit en 11S8 à Saint-Papoul, près Carcassonne. Simon de Montfort, qu’il avait suivi dans l’expédition contre les Albigeois, le chargea de reconduire à Barcelone le jeune roi Jayme d’Aragon. Comme

SAINT PIERRE NOLASQUE

un grand nombre de chrétiens étaient alors retenus en esclavage par les Maures d’Espagne et d’Afrique, la vue des dangers incessants qu’ils

Fig. 19. — Apparition de la sainte Vierge (Notre-Dame de la Merci) à saint Pierre Nolasque et à saint Raymond de Penafort. D’après Zurbaran. XVIIe siècle.

couraient et de leur sort misérable fit prendre à Pierre, comme avait fait avant lui saint Jean de Matha, la noble résolution de consacrer tous ses efforts à leur rachat ; mais, afin de donner de la stabilité à son œuvre, il fonda, en 1223, sous le nom d 'Institut de Notre-Dame de

la Merci, un ordre mi-laïque et mi-religieux, dont le pape Grégoire IX ne tarda point à confirmer les statuts. Les difficultés qu’éprouva l’entreprise furent écartées grâce au concours de saint Raymond de Peîïafort et à l’appui du roi Jayme. Après avoir prononcé les trois vœux de religion et un quatrième par lequel il engageait ses biens et même sa liberté s’il était nécessaire, Pierre quitta la cour et partit le premier pour remplir l’office de rédempteur : de son voyage à travers les royaumes de Valence et de Grenade, il ramena plus de quatre cents captifs. Ayant ensuite passé en Afrique , il subit lui-même à Alger une dure prison, sans cesser de prêcher la foi autour de lui ; sauvé miraculeusement de la mort, il ne voulut rentrer en Espagne qu’en compagnie d’un grand nombre de malheureux qu’il délivra de leurs fers. Saint Louis le tenait en grande vénération et l’engagea à venir le voir lorsqu’il s’embarqua pour la Palestine (1248). Les dernières années de sa vie ne furent qu’une suite non interrompue de douleurs et d’infirmités, supportées avec une résignation admirable. Il mourut à Barcelone, le 25 décembre 1256 ; mais sa fête a été fixée au 31 janvier.

Fig. 20. — Dieu donnant les dix commandements. Miniature d’un ms. du XIVe siècle.

1er FÉVRIER.

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