‹ La Vie des saintsChapitre 40 sur 536 · SAINT IGNACE D’ANTIOCHE · texte numérisé non relu

SAINT IGNACE D’ANTIOCHE

ntioche eut pour chef de son Église, sous les premiers Césars, l’évêque Ignace, qui avait pris le surnom de Théophore (portedieu) , afin de bien marquer qu’il ne séparait jamais aucune de ses pensées de celle de Jésus. Il était Syrien de naissance et probablement juif converti. Comme il avait été en relation avec les apôtres et leurs disciples, on l’entourait du plus profond res- *pect, et sa renommée était grande dans toutes les chrétientés de l’Asie Mineure. Il jouissait d’une verte vieillesse lorsqu’il fut appelé à gagner la couronne du martyre. Désigné par son zèle à prêcher l’Evangile et à publier la fausseté des adorations païennes, il fut arrêté et conduit en présence du gouverneur de la province (107). Tout dépendait alors du bon ou du mauvais vouloir de ces fonctionnaires ; en l’absence de lois formelles, chacun d’eux interprétait à sa guise la conduite des chrétiens , et le moindre prétexte suffisait à les faire persécuter. Ignace, ayant refusé de sacrifier aux dieux, fut condamné à mort et, par un raffinement de cruauté , envoyé à Rome pour y être livré aux bêtes dans T amphithéâtre.

Le voyage du courageux confesseur eut lieu par terre, à petites journées, le long des côtes d’Asie, de Macédoine et de Grèce, et dura plusieurs mois : ce fut, en quelque sorte, une marche triomphale. Partout, sur son passage, les fidèles accouraient à sa rencontre pour lui rendre d’humbles services ou lui demander des conseils. A Smyrne, il reçut les députations des principales églises de l’Asie, et leur adressa des épîtres devenues célèbres, inspirées par la plus pure doctrine, et

Fig. 21. — Martyre Je saint Ignace d’ Antioche. D’après une miniature du IXe siècle.

auxquelles sa position de captif prêtait une autorité irrésistible. Saint Polycarpe vint l’entretenir, l’embrassa et fut le dépositaire de ses suprêmes instructions. Spectacle admirable , et dont la simple grandeur émut jusqu’aux persécuteurs! Arrivé à Rome le 20 décembre, qui était le dernier jour des jeux publics, il fut conduit aussitôt dans le cirque. En entendant les rugissements des lions, il s’écria : (( Je suis le froment de Dieu; il faut que je sois moulu par les dents des bêtes pour que je sois trouvé le pain du Christ. )) Deux lions se jetèrent sur lui et le dévorèrent. Ses restes, rapportés à Antioche, furent transférés, sous Théodose, à Constantinople et plus tard à Rome.

3 février. — SAINT BLA1SE.

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