SAINT LAMBERT
Baptisé par saint Remacle, qui lui donna le nom de Lambert, il eut pour maître dans les lettres et la vertu saint Théodard, évêque de Maëstricht, ville où il avait vu le jour et dont son père était seigneur. A la mort de ce prélat, assassiné en 668, on lui donna pour successeur son disciple, celui-là même qu’il s’étaitplu à désigner d’avance au choix du clergé. Il joignait aux qualités de l’âme les agréments du corps et de l’esprit les plus avantageux pour attirer l’affection, l’estirne et le respect de toutes les classes. Childéric II, qu’il était allé voir à la cour d’Austrasie, l’avait traité avec une faveur singulière; aussi, après la mort du prince, paya-t-il cher ces témoignages d’amitié. Le maire Ebroïn, qui s’était emparé du pouvoir, l’accabla du poids de sa haine : il suscita une cabale contre lui, et le contraignit à céder son siège à un misérable intrus, nommé Pharamond.
Lambert se retira dans l’abbaye de Stavelo, à l’extrémité du diocèse ; il y vécut pendant sept années, se livrant aux plus rigoureuses pratiques de la pénitence, faisant surtout preuve d’obéissance et d’humilité. A l’avènement du maire Pépin d’Héristal, sous Thierry III, la face des choses changea : l’usurpateur fut chassé de Maëstricht, et le pasteur légitime rétabli (681). Ses relations fréquentes avec saint Willibrod, apôtre de la Frise, le déterminèrent à porter l’Evangile chez les habitants de la Zélande, qui avaient conservé les vieilles superstitions de la Germanie ; sa prédication produisit des fruits mer-
veilleux : ils brisèrent leurs idoles, et un grand nombre d’entre eux demandèrent le baptême. Comme son prédécesseur, Lambert eut une fin tragique ; mais on n’est pas d’accord sur les circonstances de sa mort, qui arriva le 19 septembre 708. D’après les uns, ayant repris trop librement Pépin d’Héristal à cause du commerce qu’il entretenait avec Alpaïde, celle-ci l’aurait fait assassiner par la main d’un de ses parents ; d’après les autres, assiégé dans une maison de Liège par une troupe de factieux, il aurait succombé à la blessure d’un javelot. Saint Hubert lui succéda, fit bâtir une église en cet endroit, et y transféra le siège de l’évêché. Liège, alors simple village, choisit Lambert pour principal patron.
SAINT EU STACHE.
(( A la tête des martyrs de Rome sous Adrien, » rapporte dom Gueranger, « nous avons à inscrire un chef militaire, nommé Placide, plus connu sous le nom d’Eustathe ou mieux Eustache. Ses Actes, qui ne peuvent compter parmi les documents historiques, servent au moins à conserver sa mémoire, qui est célèbre dans toute l’Eglise. » Après sa conversion, Eustache (ainsi appelé depuis le baptême) distribua ses biens aux pauvres, et s’appliqua à la pratique fidèle de la religion qu’il avait embrassée. Ayant été arrêté avec sa famille, qui était aussi chrétienne, il fut livré aux lions de l’amphithéâtre; mais les bêtes ne lui ayant fait aucun mal, on l’enferma, lui, sa femme et ses deux fils, dans un grand taureau d’airain, sous lequel on alluma du feu; ils périrent tous étouffés (118).
La paroisse de Saint-Eustache, à Paris, honore le martyr le 3 novembre, quoique sa fête soit indiquée au 20 septembre dans le Bréviaire
romain.
Fig. 236. — Supplice du feu dans un taureau d’airain. D’après une gravure de P. Woeiriot. XVI0 siècle.