‹ La Vie des saintsChapitre 398 sur 536 · SAINT MATTHIEU · texte numérisé non relu

SAINT MATTHIEU

ÉVANGÉLISTE

Matthieu « le publicain », comme il se désigne lui-même, portait le nom de Lévi avant sa vocation ; il était natif de Capharnaum, en Galilée, ou des environs, et fils d’Alphée et de Marie, cousine de la sainte Vierge. On appelait alors publicains tous les officiers civils chargés de la rentrée des impôts pour le trésor impérial ; l’Etat les affermait d’ordinaire à de gros personnages, tels que des chevaliers et des consulaires, et ceux-ci avaient sous leurs ordres, dans chaque province où ils exerçaient, des agents indigènes, sur qui retombait le poids des haines populaires. C’est probablement à cette dernière classe qu’appartenait Matthieu, qui avait gardé, en dépit de fonctions devenues odieuses aux Juifs vaincus, la notion du bien et de la justice au fond du coeur.

Jésus se trouvait à Capharnaum ; après avoir guéri le paralytique, il sortit de la ville et aperçut, à l’une des portes, le publicain Lévi, assis au bureau des impôts, et il lui dit : (( Suis-moi, » et l’homme se leva et le suivit. Plein de joie, le nouvel élu offrit à Jésus un grand festin dans sa maison, et il y avait là plusieurs publicains et d’autres gens, qui se mirent à table avec eux. Cet acte de condescendance scandalisa fort les pharisiens. (( D’où vient, » firent-ils remarquer aux disciples, (( que vous mangez avec des publicains et des pécheurs ? » Jésus, ayant entendu, répondit : (( Ce sont les malades qui ont besoin du médecin, et les pécheurs qu’il faut appeler à la pénitence. »

Dans la liste des apôtres, Matthieu est placé le huitième, entre Thomas et Jacques. A la mort de Jésus, il fit comme les autres envoyés de la bonne nouvelle, et parcourut le monde , semant la vérité. Après la Judée, il visita, selon la tradition, le pays des Parthes et y souffrit le martyre. Il menait une vie ascétique, s’abstenait de chair et ne mangeait que des herbes, des graines et des pousses d’arbre. Avant

21 septembre. — SAINT LO. 599

son départ de la Palestine, il avait composé en syro-chaldaïque un récit de la mission du Sauveur, à la prière des fidèles qui lui avaient demandé de leur laisser ce pieux souvenir ; mais le texte primitif est perdu, et l’Evangile de saint Matthieu, tel que nous l’avons maintenant, est une version qui a été faite d’après le grec. Il se répandit ■

Fig. 237. — Vocation de saint Matthieu. D’après Overbeck. XIXe siècle.

rapidement parmi les gentils; on le rechercha pour la simplicité et la naïveté des détails, et parce qu’il faisait connaître la vie du divin Maître avec plus de précision qu’aucun des trois autres évangiles. L’Eglise célèbre la fête de saint Matthieu le 21 septembre.

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