SAINT APOLLINAIRE
Né vers 450, Apollinaire était fils de saint Isique (Hesychius), évêque de Vienne, qui avait dépouillé la dignité sénatoriale pour embrasser le sacerdoce, et frère de saint A vit. Il fut élevé sous la conduite de saint Mamert, qui lui conféra les ordres et l’admit dans son clergé. Vers 486, les évêques de la province, qui cherchaient depuis longtemps un pasteur capable de régénérer le diocèse de Valence, troublé par les désordres de Maxime, jetèrent les yeux sur lui, et les fidèles ratifièrent leur choix. Il réforma les abus par son zèle et par son activité, et fut un de ceux qui contribuèrent le plus à la conversion de Sigismond, qui allait succéder en Bourgogne au roi Gondebaud. Comme plusieurs évêques des Gaules, il prit la défense du pape Symmaque, injustement .accusé, et il rédigea, avec saint Avit, la lettre qu’ils adressèrent au pape Hormisdas pour adhérer au décret rendu contre l’hérésie d’Eutychès. En 517 il siégea au concile d’Epône, qui réforma l’Église de Bourgogne.
Peu de temps après, Etienne, favori de Sigismond, ayant été condamné pour avoir contracté un mariage illicite, refusa de se soumettre ; les évêques répondirent par une sentence d’excommunication ; le roi les somma en vain de revenir sur leur décision, ils furent inébranlables, et sous l’inspiration d’Apollinaire, ils souscrivirent, avant de se séparer, une protestation contre les menaces du roi , s’engageant à maintenir quand même leur autorité en matière de discipline morale. Sigismond exila Apollinaire à Sardinie, petite ville des environs de Lyon. Il y était
depuis plus d’un an lorsque le roi, étant tombé gravement malade, fut ramené, sans doute par la crainte de la mort , à des sentiments plus humains. Il manda l’évêque, le supplia de prier Dieu pour lui; rendu à la santé par son intercession, il le combla de témoignages de reconnaissance et le fit reconduire en grande pompe dans son diocèse. Sur ses dernières années, Apollinaire alla à Marseille et visita en passant un de ses illustres amis, saint Césaire d’Arles. Il mourut le 5 octobre 520, à Valence, dont il est le patron.