‹ La Vie des saintsChapitre 42 sur 536 · SAINT BLAISE · texte numérisé non relu

SAINT BLAISE

Modeste et d’un bon naturel, il s’appliqua dans sa jeunesse à la médecine, sans cesser d’être pénétré de la crainte de Dieu; de sorte qu’ayant gagné par ses vertus l’affection des fidèles, il fut élu leur évêque à Sébaste, en Arménie. Une persécution violente sévit en 305 sur cette province, par suite des édits de Galère : de saints confesseurs,

amenés, entre autres un enfant sur le point de mourir, étranglé par une arête; l’évêque sauva le moribond par ses prières, et comme son intercession a procuré dans la suite beaucoup de guérisons, il est compté le premier au nombre des quatorze saints auxiliaires. Traduit devant le préfet Agricola, il fut condamné à mort; mais avant de recevoir le dernier coup, il endura de cruelles tortures (316) ; celle des ongles ou peignes de fer le fit choisir pour patron par les cardeurs de laine, et même par les tailleurs de pierre. Ses reliques , ayant été apportées en Occident à l’époque des croisades, y donnèrent lieu à un culte célèbre.

Eustace et Oreste, perdirent la vie au milieu d’affreux supplices, et Biaise, leur ami, prit soin de recueillir et d’inhumer leurs restes. Quelque temps après, il se retira sur une montagne voisine, dans une caverne, et, quand on vint l’arrêter à son tour, ce fut là qu’on le trouva vivant seul, d’eau et de racines, entouré de bêtes sauvages, qui le respectaient. Pendant qu’il était en prison, plusieurs malades lui furent

Fig. 22.

— Saint Biaise bénissant les animaux, qui se pressent sur son passage.

3 février. — SAINT ANSCH AIRE.

SAINT ANSCH AIRE.

Elevé clans l’ancienne abbaye de Corbie en Picardie, Ansgar ou Anschaire passa dans la nouvelle, que saint Adélard venait de fonder en Saxe, et fut chargé d’y enseigner les lettres aux novices et d’annoncer au peuple à demi païen la parole de Dieu (825), fonctions dont il s’acquitta avec autant de piété que de bonheur. Il accompagna en Danemark le roi Harold, récemment baptisé; d’aborcl ses succès furent grands, mais la violente ardeur du prince souleva ses sujets et compromit les bienfaits de la mission. Cet échec ne découragea point Anschaire ; il lui fut un stimulant pour tenter en Suède une nouvelle épreuve de ses forces. Il y convertit un grand nombre d’idolâtres, bâtit une église, et revint dans son monastère en 831.

L’année suivante, le pape Grégoire IV le nomma légat du saint-siège et en même temps évêque de Hambourg. Après la destruction de cette ville par les Normands (845), Anschaire se réfugia à Brême, et gouverna bientôt les deux diocèses. En quittant les pays Scandinaves, il avait laissé des moines de Corbie, qui devaient continuer l’oeuvre si bien commencée; le désordre et la guerre mirent obstacle à leurs efforts, et cette Eglise naissante était menacée de destruction. Le fondateur jugea sa présence nécessaire : il repartit pour le Danemark , plus gravement atteint, et parvint, sous la protection du roi Eric, à y faire fleurir la religion chrétienne. Puis il visita la Suède, vainquit les tergiversations du roi Olaf, redressa les abus, et remporta, à force d’éloquence et de fermeté, une victoire éclatante sur les ennemis de la foi. Mais la résistance opiniâtre des sectateurs d’Odin se prolongea jusqu’en 1161, où une église chrétienne s’éleva sur les ruines du temple d’Upsal.

Couvert de gloire, Anschaire revint à Brême, oh il mourut, le 3 février 864. On l’a surnommé à juste titre l’Apôtre du Nord. Telle était son humilité que, loin de prétendre à la moindre part dans la conversion des peuples septentrionaux, il en attribuait t out l’honneur au zèle de l’empereur Louis le Débonnaire.

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