‹ La Vie des saintsChapitre 421 sur 536 · SAINTE JUSTINE · texte numérisé non relu

SAINTE JUSTINE

l’unique repas quotidien. Tout, parmi eux, respirait la pauvreté, n’ayant pour toute argenterie dans l’église qu’un calice ; hors de la modique enceinte qu’ils avaient tracée autour du monastère, ils n’auraient pas accepté un pied de terre. Ils observaient un silence rigoureux, passaient une grande partie du jour et de la nuit tant à la prière vocale qu’à la récitation de l’office. Ils cultivaient peu le sol stérile de leurs montagnes, et ne vivaient que du produit de leurs maigres troupeaux. La prédication leur était interdite. Ils s’occupaient aussi à transcrire des manuscrits, surtout l’Ecriture sainte. Avec les parchemins qu’on leur donna, ils formèrent une bibliothèque qui devint très riche.

En 1090, Urbain II appela Bruno à Rome. L’humble solitaire ne pouvait recevoir un ordre auquel il lui coûtât plus d’obéir ; il se soumit pourtant, et resta auprès de son ancien élève, l’aidant de ses lumières et de son affection au milieu des difficultés qu’élevait l’autorité rivale de l’antipape Guibert. Bientôt fatigué de la vie qu’il menait à la cour romaine, il obtint sa liberté, et accepta des mains du comte Roger de Sicile le territoire délia Torre, dans le diocèse de Squillace, en Calabre. Il s’y établit, dans un monastère, avec les nouveaux disciples qui s’étaient attachés à lui en Italie, et reprit la pratique de ses austérités. Il quitta deux fois cette solitude : la première pour baptiser le fils de Roger, la seconde pour recueillir les derniers soupirs de l’illustre comte normand. Il mourut quatre mois après son protecteur, le G octobre 1101. On a de lui des commentaires sur les Psaumes et sur les Épîtres de saint Paul, dans lesquels il montre beaucoup d’érudition et de solide piété ; mais son plus bel ouvrage est la fondation de son ordre, le seul qui n’ait point été réformé .

7 OCTOBEE.

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