SAINTE JUSTINE
Son père, qui était préfet de la ville de Padoue, s’appelait Vitalien, et sa mère, Prépédigne; ils furent convertis à la foi chrétienne par
Prosdocime, disciple de saint Pierre. Justine, l’enfant de leur vieillesse, fut élevée dans les plus fervents exercices de la piété, et prit le voile des vierges. Dès le commencement de la persécution de Néron, Vitalien avait été remplacé dans sa charge par Maximien, qui fit exécuter les édits avec rigueur. Justine, à peine âgée de seize ans, allait d’une maison à l’autre, exhortant ses frères au courage ; elle les visitait dans la prison, portait des secours à ceux qui avaient trouvé une retraite en quelque endroit écarté. Arrêtée comme elle revenait d’une de ses expéditions charitables, et conduite au tribunal , elle fit par sa beauté une vive impression sur le préfet ; il tâcha d’abord à la séduire par des promesses,' et, la voyant inflexible, il ordonna de la percer d’un coup d’épée (68). Fortunat a mis Justine au nombre de ces illustres vierges dont la sainteté et les triomphes ont fait l’honneur de l’Eglise. Son corps fut retrouvé en 1177 et transporté dans l’église de Padoue, qui porte aujourd’hui son nom.
Une autre Justine , honorée le 26 septembre, souffrit le martyre à Nicomédie en 304, sous Dioclétien. Un jeune patricien de la ville, épris d’elle et repoussé, eut recours par vengeance aux sortilèges d’un certain Cyprien. Celui-ci, à son tour, mit tout en œuvre pour s’en faire aimer. Vaincu par la fermeté et les reproches indignés de Justine, il lui demanda pardon et se convertit. Plus tard, ils se retrouvèrent ensemble à Damas, dans le même cachot, ayant été arrêtés, tous les deux, à cause de leur foi. Conduits à Nicomédie, ils y furent décapités le même jour. Les reliques de sainte Justine, qu’on ne sépara pas de saint Cyprien le Magicien , sont conservées à Rome , dans la basilique de Latran.