‹ La Vie des saintsChapitre 428 sur 536 · SAINT FRANÇOIS DE BORGIA · texte numérisé non relu

SAINT FRANÇOIS DE BORGIA

Issu d’un noble lignage, François, né en 1510, à Gandia, en Espagne, eut pour parents le duc Jean de Borgia et Jeanne d’Aragon, petite-fille du roi Ferdinand V. Après avoir eu les meilleurs maîtres dans les sciences divines et humaines, et les préceptes de l’archevêque de Saragosse, son oncle, pour se maintenir dans les voies de la religion, il fut envoyé à la cour de Charles-Quint , et s’y montra un cavalier accompli en même temps que le plus parfait chrétien. L’empereur, qui le prisait infiniment et l’avait surnommé (( le miracle des princes », le combla de faveurs, l’emmena dans ses expéditions, l’admit au conseil, et lui fit épouser Leonor de Castro, d’une des plus grandes familles du Portugal. Mais ni le rang, ni la fortune, ni l’estime publique ne remplissaient le vide de son cœur : depuis ses jeunes années, il soupirait après la retraite et n’avait qu’un désir, celui de se consacrer à Dieu tout entier.

La mort de l’impératrice Isabelle, dont il était le grand écuyer, décida de sa conversion (1539). L’horrible spectacle du cadavre défiguré de cette princesse lui fit faire un retour cruel sur le néant des grandeurs

et des qualités terrestres, et son éloge funèbre, prononcé avec une sombre éloquence par Jean d’Avila , acheva de le dégoûter du monde. Il alla trouver le célèbre prédicateur, qui le confirma dans sa pieuse résolution, et s’engagea, par voeu, à prendre l’habit monastique, s’il survivait à sa femme. Cependant François était nommé vice-roi de Catalogne (1540) ; il fit régner la justice et la morale dans sa province, tandis qu’il vivait lui-même en simple religieux, donnant plusieurs heures à la prière, dormant peu, se mortifiant beaucoup, et communiant tous les dimanches. Etant devenu duc de Gandia par la mort de son père, il se retira dans ses domaines. Sitôt qu’il eut perdu sa femme (1541), il fut admis par Ignace de Loyola dans la société que celui-ci venait de fonder, à la condition qu’il employât son temps de noviciat à étudier la théologie.

C’était une précieuse conquête pour les Jésuites; aussi, à peine arrivé à Rome, François fut-il reçu avec des honneurs extraordinaires, et il fut question de lui conférer la pourpre cardinalice. Son humilité eut beaucoup à souffrir, et, après avoir donné des sommes considérables pour diverses fondations religieuses, entre autres celle du Collège romain, qui a produit depuis tant d’ouvriers évangéliques, il s’empressa de retourner en Espagne. Là, enfermé dans un ermitage de la Biscaye, près d’Ognate, il pratiqua d’incroyables austérités, et on vit cet homme, naguère un des plus puissants entre ceux de son pays, parcourir les villages pour demander l’aumône, ou pour appeler, une clochette à la main, les enfants au catéchisme et à la prière. Par l’ordre de saint Ignace, il alla ensuite prêcher dans la Castille, l’Andalousie et le Portugal, présida à la fondation de plusieurs collèges et maisons de l’ordre , et accepta les fonctions de vicaire général. A la mort du P. Lainez (15G5), il reçut de ses frères le gouvernement de l’institut. Pie V, qui l’aimait beaucoup, l’associa à l’ambassade du cardinal Alessandrini afin de solliciter le secours des princes chrétiens contre les infidèles. Sa santé, déjà fort éprouvée, se dérangea de plus eu plus, et il revint à Rome pour y rendre le dernier soupir, le 1er octobre 1572. Clément X le canonisa en 1G71, et assigna sa fête au 10 octobre.

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