SAINTS TARAQUE, PROBE ET ANDRONIC
Sous Dioclétien, en 304, trois chrétiens souffrirent ensemble le martyre, après avoir été arrêtés le même jour, interrogés et torturés ensemble et à diverses reprises. Le plus âgé, Taraque, ancien légionnaire, avait quitté le service par scrupule de conscience : il était âgé de soixante-cinq ans; Probe, natif de Pamphylie, s’était consacré aux œuvres de charité, après avoir distribué sa fortune aux pauvres; Andronic, le plus jeune des trois, appartenait à une bonne famille d’Ephèse. Us comparurent à Pompéiopolis,en Cilicie, devant le gouverneur Numérien Maxime, puis furent conduits à Tarse où il devait bientôt se rendre. C’est là qu’eut lieu le premier interrogatoire, et toujours traînés
11 octobre. — SAINT GOMER.
à la suite du gouverneur, ils subirent le second à Mopsueste et le dernier à Anazarbe.
Taraque fut amené d’abord. Maxime l’ayant fait attacher sur le chevalet, il dit : « Je pourrais me réclamer du rescrit de Dioclétien, qui défend aux juges de mettre les soldats sur le chevalet, mais je ne veux point user de mon privilège, de peur que tu ne me soupçonnes de lâcheté. — Tu te flattes, )) dit le gouverneur, « de l’espérance d’être embaumé après ta mort par des chrétiens, mais je saurai bien les en empêcher. Qu’on lui déchire le visage! — En me défigurant, tu as ajouté une nouvelle beauté à m ou âme. — Qu’on lui applique des fers rouges sur la poitrine, et qu’on lui coupe les oreilles! — Mon cœur n’en sera pas moins attentif à la parole de Dieu. — Qu’on lui arrache la peau de la tête, et qu’on la couvre de charbons ardents! — Tu me ferais écorcher tout le corps avant de venir à bout de me séparer du Christ. — Qu’on le bride encore au fer rouge. — O Dieu du ciel, soyez mon juge! )) Maxime le renvoya en prison.
On amena Probus : il lui fit mettre de force dans la bouche des viandes qui venaient d’être offertes en sacrifice, et on lui creva les yeux. Vint le tour d’Andronic. On le fit également goûter de force aux viandes consacrées, puis Maxime ordonna de lui couper la langue et de lui arracher les dents, ajoutant que, le lendemain, ils seraient tous trois livrés aux bêtes. On fut obligé, tant ils étaient affaiblis par les tortures, de les porter à l’amphithéâtre. Ils ne furent point dévorés : les fauves semblaient en avoir pitié. En même temps, des murmures s’élevaient contre la cruauté du gouverneur, et beaucoup, quittant leur place, sortirent pour échapper à un spectacle si affligeant et si odieux à la fois.
Alors Maxime envoya des gladiateurs, qui achevèrent les trois martyrs à coups d’épée.