‹ La Vie des saintsChapitre 431 sur 536 · SAINT GOMER · texte numérisé non relu

SAINT GOMER

Gomer, d’une noble famille belge, naquit vers 705, au village d’Ernblehem (diocèse d’Anvers). Pépin, étant devenu roi des Francs, lui donna

d’importants emplois et, à différentes reprises, des marques de la plus grande confiance. Dans une cour où régnaient l’avidité et l’intrigue, Gomer se montra désintéressé, charitable ; envers les pauvres, il était généreux jusqu’à la prodigalité. Son existence avait été assez unie ; elle se trouva tout d’un coup profondément troublée par son mariage avec Gwinmarie, qui n’avait guère d’autre qualité que la noblesse de sa naissance. Obligé de suivre Pépin dans ses différentes guerres en Lombardie, en Saxe, en Aquitaine, il dut laisser à sa femme le gouvernement de sa maison, et elle en profita pour se livrer à toutes les extravagances d’un caractère capricieux et despotique. Gomer était doux avec ses serviteurs, Gwinmarie les traitait en esclaves. Après huit ans d’absence, il trouva chez lui la ruine et la révolte. Il supporta sans se plaindre cette épreuve, répara de son mieux le mal qui était fait; loin de s’emporter contre sa femme, il s’efforça de la convertir à une meilleure vie ; il y réussit et, quand elle mourut, elle avait racheté sa vie passée par plusieurs années de pénitence.

Quelque temps auparavant, Gomer avait commencé de se retirer fréquemment dans la solitude pour se livrer tout entier à l’oraison. Non loin de sa retraite s’était fixé saint Rumold, évêque régionnaire d’origine anglaise, qui était venu évangéliser les Pays-Bas. Ils se lièrent d’amitié et prirent l’habitude de se rencontrer en un lieu nommé Stadek, à mi-chemin de leurs demeures. Bientôt, il se fit un grand concours de peuple avide de leur parole, chaque fois qu’ils venaient l’un à l’autre; on éleva en ce lieu un oratoire, qui devint le centre de la petite ville de Lierre. Gomer mourut le 11 octobre 774.

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