SAINTE URSULE
Dès les premières années du cinquième siècle, l’empire est à la merci Tes barbares ; les Suèves, et toute la Germanie derrière eux, pensent à en finir avec Rome. Puis se précipitent du côté du Rhin les Alains et les Vandales. Une bande s’empara de Mayence, surprit les chrétiens rassemblés au nombre de plusieurs milliers, et les passa au fil de l’épée. Jamais peut-être le paganisme ne parut plus près de venger ses humiliations qu’au moment où les Huns vinrent s’abattre sur les villes chrétiennes de la Gaule.
« C’est au milieu de ces redoutables spectacles, » dit Ozanam, (( que la postérité encore émue plaça la belle légende de sainte Ursule. Fille cl’un roi chrétien de la Grande-Bretagne, Ursule est demandée en mariage par un prince idolâtre ; elle donne son consentement afin de sauver son père; mais on lui accordera trois ans pour jouir de sa virginité, et, pour présent de fiançailles, dix jeunes filles de la plus pure noblesse des deux royaumes : chacune de ces dix sera, comme elle, suivie de mille compagnes. Alors elle fait équiper onze galères, et chaque jour elle exerce sa jeune troupe à déployer les voiles, à soulever les rames. Les courses de la flotte virginale charment la multitude rassemblée sur le rivage : ce sont les derniers jeux de ces filles de navigateurs.