SAINT JEAN DE CAPISTRAN
Il était fils d’un gentilhomme angevin, venu en Italie à la suite de Louis d’Anjou, et dont les services avaient été récompensés par de grands domaines. Né en 1385, à Capistrano, petite ville des Abruzzes, Jean fit de brillantes études en droit, se maria et entra dans la magistrature. Chargé par les habitants de Pérouse , où il s’était fixé, de négocier la paix avec Ladislas, roi de Naples, il fut accusé de trahir leurs intérêts au profit de son ancien maître et enfermé au château de Bruffa (1413). Ce traitement injuste lui suggéra de sérieuses réflexions sur l’ingratitude des hommes et les vanités mondaines, et, comme la mort lui enleva du même coup sa jeune épouse, il résolut de ne plus servir que Dieu. Aussitôt il se coupa lui-même les cheveux, sortit de prison, vendit ses biens, et en employa la moitié à payer le rachat de sa liberté et le reste à soulager les malheureux.
Admis chez les franciscains de Pérouse, Jean eut à subir un rude noviciat, afin d’éprouver la fermeté de sa vocation ; deux fois, il fut renvoyé, et deux fois reçu après s’être soumis aux conditions les plus dures. Dès qu’il eut remporté sur lui-même une victoire complète, il ne trouva plus rien de pénible. Il s’imposa la loi de ne manger qu une fois par jour ; il couchait sur des planches, et consacrait la meilleure partie de son temps à la prière et à la méditation. Il avait pour la pre-
dication un talent admirable : souvent, à l’issue d’un sermon sur les dangers du monde, un de ses sujets favoris, on voyait beaucoup d assistants lui apporter leurs bijoux et objets de luxe, qui leur étaient une occasion de péché. Il parcourut toute l’Italie et l’Europe centrale, prêchant avec un égal succès, entraînant la foule sur ses pas et déterminant des conversions nombreuses. Les papes eurent recours à son intermédiaire dans des affaires considérables, par exemple pour détacher le duc de Bourgogne des Pères du concile de Bâle, devenu schismatique; pour travailler à la réunion des grecs à l’Église romaine, et délivrer quelques cantons italiens des restes d’une secte dangereuse, les Fratricelles.
Après la prise de Constantinople par les Turcs (1453), Jean, embrasé d’un nouveau zèle, se mit en route en qualité de légat du saint-siège et
Fig. 2G5. — Saint Jean de Capistran, d’après le tableau de appela les princes d’Allema- Bartolommeo Vivarini. XVe siècle. . __ . v .
gne et de Hongrie a la croisade contre les barbares dont les armes victorieuses menaçaient la chrétienté. Mahomet II étant venu assiéger Belgrade, le roi Ladislas, chef des croisés, s’enfuit à Vienne; mais Jean arriva au secours de la ville avec Hunyade, qui commandait 40,000 hommes. Sans s’arrêter au nombre quadruple des ennemis, ceux-ci, excités par le vaillant franciscain qui
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parcourait leurs rangs l’étendard de la croix à la main, se précipitèrent sur les infidèles avec tant d’impétuosité qu’ils les mirent en déroute (6 août 1456). Ce héros de la foi, étant tombé malade par suite des fatigues de cette campagne, mourut quelques semaines plus tard, le 23 octobre de la même année, au couvent de Willich, sur les bords du Rhin. Il fut canonisé en 1724.
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Fils de Benoît, l’un des conseillers de Clotaire Ier, il vint au monde vers 575, comme ses parents touchaient à la vieillesse. Il fut instruit dans toutes les connaissances enseignées de son temps, et ses talents, joints à sa naissance, le firent choisir pour chancelier par Clotaire II. Le renom de sa sagesse vint jusqu’à Rouen, et l’évêque Hidulphe étant mort, les fidèles élurent Romain à sa place (026), et allèrent le demander au roi, qui consentit à se séparer de lui.
Un des premiers objets de son zèle fut de faire disparaître les restes de l’idolâtrie païenne, tels que les temples de Vénus, de Mercure, de Jupiter et d’Apollon. Il était à la cour de Dagobert pour les intérêts de son église, lorsqu’il apprit qu’une inondation de la Seine portait la désolation dans sa ville épiscopale. Il y revint aussitôt. Comme les eaux commençaient à se retirer, un animal marin apparut, énorme, de forme inconnue, qui dévorait tout ce qui passait à sa portée , faisait chavirer les barques, et répandait la terreur. Romain, n’écoutant que son courage, accompagné seulement d’un condamné à mort, alla vers la bête et réussit à l’étrangler avec son étole qu’il lui serra autour du cou, ou de quelque autre manière, et la traîna jusque dans la ville, salué par les bénédictions du peuple. Le roi, informé de ce fait, accorda à perpétuité au chapitre de la cathédrale le privilège de gracier chaque année, au jour de l’Ascension, un condamné à mort. Ce privilège, qui fut respecté, même pendant la domination anglaise, ne disparut qu’à
la fin du dernier siècle. Saint Romain mourut en 659. Tous les ans, on portait en procession la châsse (fierte) où étaient ses reliques, et en même temps un simulacre du monstre qu’il avait vaincu et que le peuple avait nommé la Gargouille.