SAINT FARON
Son véritable nom n’est point parvenu jusqu’à nous. Les plus anciens récits l’appellent Burgondofaron, que l’on peut traduire par « le noble baron de Bourgogne ». Il en est de même de sa sœur Burgondofare, qui fonda vers 617 le couvent de Faremoutier ; son frère aîné, Cagnoald, moine de Luxeuil, fut le compagnon de Colomban chez les Alamans. Faron, avant d’embrasser l’état ecclésiastique, se maria, puis s’illustra à la guerre, prit une grande part à la campagne victorieuse de Clotaire II contre les Saxons. Clotaire ayant fait massacrer tous les prisonniers dont la taille dépassait la hauteur de son épée, Faron put du moins dérober à la cruauté du roi les envoyés des vaincus; il les fit baptiser et dit ensuite à Clotaire : (( Ils ne sont plus Saxons, mais chrétiens. » Un jour qu’il accompagnait Clotaire à la chasse, une pauvre femme sortit du bois et se mit à poursuivre le roi de ses plaintes, en lui exposant sa grande détresse. Clotaire, importuné, s’éloigna au galop. « Ce n’est pas pour elle que vous implore cette pauvresse, » lui dit Faron, « c’est pour vous-même. La misère pèse lourdement sur elle, mais la responsabilité de la royauté qui vous est confiée pèse encore plus sur vous. »
Le leude qui parlait avec une telle franchise était bien fait pour être évêque. Après la mort de Gondoald (627), Meaux l’élut pour pasteur. Il quitta sa femme, qui se retira dans un monastère, et consacra sa fortune à fonder des abbayes pour y recueillir les Anglo-Saxons, qui, récemment convertis, commençaient à affluer chez les Francs, ainsi que les Irlandais, en qui il honorait la mémoire de Colomban. Il mourut en 672, presque octogénaire. Meaux l’a choisi pour patron.
SAINTE ERMELINDE.
Son père, nommé Ermenold, était un puissant seigneur franc, qui demeurait dans le domaine de Terdonck, près de Lovenjoul, et non loin
30 octobre. — SAINT NARCISSE.
de Louvain. Elle fut élevée avec tous les soins d’une personne de son rang, mais le inonde n’avait aucun attrait pour elle; à tous les plaisirs elle préférait la prière. Bien résolue à n’écouter jamais aucune proposition de mariage, elle fit vœu de virginité, se coupa elle-même les cheveux et commença de passer, dans une chambre écartée, la plus grande partie des jours en oraison et en pénitences. Bientôt trouvant qu’elle ne pouvait en faire assez au milieu de sa famille, elle quitta la maison paternelle et se retira dans une solitude, près de Bevec, où elle fut toute à Dieu. Avertie miraculeusement que deux jeunes seigneurs tendaient des pièges à sa vertu, elle abandonna Bevec pour se retirer à Meldrik (appelé depuis Meldaert), dans le diocèse de Malines. Ce fut là qu’elle passa le reste de sa vie dans une ardeur de piété et de mortification qui rappelait celle des anciens solitaires. Elle mourut vers 595 ; son oratoire, où elle avait été enterrée, devint aussitôt un lieu de pèlerinage, et il s’y produisit de nombreux miracles. Sainte Ermelinde est fort populaire dans tout le Brabant. Urbain VIII recommanda la visite de son oratoire, et en 1849, Pie IX a autorisé le rétablissement d’une très ancienne confrérie placée sous son invocation.