SAINT NIL
D’une famille illustre, il naquit vers 380 à Ancyre, de Galatie, ou, selon d’autres, à Constantinople. C’est dans cette dernière ville qu’il se fixa d’abord, et il en devint préfet, sous l’empereur Arcadius. Cette fonction ne l’ empêcha de cultiver ni les lettres, ni l’éloquence, et l’on dit qu’il fut pendant quelque temps disciple de saint Jean Chrysostome. Il se maria, et il avait des enfants lorsque la crainte lui vint de perdre son âme dans ce milieu corrompu de la cour byzantine. Il résolut de se retirer dans un désert, et sa femme, de son côté, prit le voile , avec sa fille, dans un monastère d’Egypte. Quant à lui, accompagné de son fils Théodule, il gagna le mont Sinaï, pour mener la vie des anachorètes.
Ils se construisirent chacun une cabane et commencèrent à vivre dans les plus grandes austérités, ne se nourrissant que de fruits sauvages et d’herbes crues, ne mangeant souvent qu’une fois par semaine. La réputation de sainteté de Nil se répandit au loin, et de toutes parts on venait le consulter sur des cas de conscience, lui demander quelques-unes des maximes de la vie intérieure où il excellait; d’aucuns se fixèrent près de lui, et le Sinaï devint une autre Thébaïde.
Cependant les Arabes firent irruption au milieu des solitaires, mirent ii mort quelques-uns des anciens et emmenèrent prisonniers les plus jeunes, parmi lesquels se trouva Théodule. Il fut mis en vente comme esclave, et les barbares, n’en trouvant point le prix qu’ils exigeaient, allaient le mettre à mort; mais un chrétien, pris de pitié, l’acheta pour le revendre à l’évêque d’Eleusis. Nil , ayant appris ce que son fils était devenu, se rendit auprès de l’évêque qui lui remit Théodule, sous la condition qu’ils consentiraient tous les deux à recevoir les ordres ; et
ainsi fut fait. Il avait alors cinquante ans ; l’histoire ne nous apprend plus rien de lui, sinon qu’il mourut dans un âge avancé, pendant le règne de Marcien, vers 450. Saint Nil a laissé plusieurs traités ascétiques, écrits avec beaucoup de feu et de vivacité, et semés de réflexions judicieuses, entre autres celles-ci : (( Pour arriver à connaître Dieu, commencez par vous connaître vous-même. — Le cœur de l’homme sans reproche est le vrai sanctuaire de la Divinité. — Celui qui cherche à pénétrer les mystères n’y croit pas. — Si vous désirez la vie véritable, tenez-vous toujours prêt à mourir. ))