SAINT PATERNE
Ses parents demeuraient à Coutances, où ils tenaient un rang distingué; il y naquit, vers 680. Comme il semblait d’une nature douce et pieuse, on le destina dès son jeune âge à l’état ecclésiastique, et il fut envoyé au monastère bénédictin de Saxiacum, autour duquel devait naître le village de Saint-Pair, près de Granville. Ses études achevées, il y prit l’habit, et ses progrès furent si grands à la fois dans la science et dans la vertu que tous les religieux en faisaient leur modèle. Une secrète inspiration le poussa à s’expatrier. La vénération dont il était l’objet, ainsi que sa réputation de thaumaturge qui lui amenait de très loin une foule d’estropiés et d’infirmes confiants en son pouvoir, tout cela pesait à son humilité : il partit. Traversant la Normandie, il arriva à Paris, où l’évêque Hugues lui fit beaucoup d’accueil.
Ensuite, il remonta le cours de la Seine et s’arrêta au monastère de Jaulnes. Sa renommée, comme partout, l’y avait précédé; l’abbé voulut le garder parmi ses moines, mais Paterne sentait qu’il n’avait pas encore atteint le but de son pèlerinage. Il se remit en route et rencontra un autre monastère, celui de Saint-Pierre-le-Vif , voisin de Sens ; la communauté manifesta la joie la plus vive en apprenant qu’il allait y fixer sa demeure.
Paterne y était depuis quelque temps, lorsqu’en se rendant à Jaulnes il fut attaqué par des voleurs, dans la forêt de Sergines. Dans le péril, il ne pensa pas à lui, mais seulement aux crimes dont ces malheureux chargeaient leur âme. Il leur peignit vivement l’indignité d’une telle vie et leur montra le sort qui les attendait après la mort, s’ils ne s’amendaient. Les brigands, furieux de ces reproches, se saisirent de lui, l’attachèrent à un arbre et lui tranchèrent la tête. Ce martyre eut lieu le 12 novembre 726. On éleva une église à l’endroit où son corps fut retrouvé, et ce fut l’origine du village de Sergines, qui l’a choisi pour patron.