SAINT BRICE
Elevé par saint Martin dans le célèbre monastère de Marmoutiers, Brice profita d’abord des bons exemples qu’il avait sous les yeux, et fut admis dans les ordres. A ce moment déjà, sa conduite n’avait pas été sans reproches, et bientôt il devint un sujet de scandale par son orgueil et ses emportements. D’anciennes peintures le représentaient portant des charbons allumés dans un pan de son vêtement, ce qui serait, d’après le P. Cahier, le symbole même de son caractère. Saint Martin eut beaucoup à souffrir de la part de ce disciple ingrat, mais il ne voulut jamais consentir, malgré les sollicitations de son clergé, à le dégrader du sacerdoce et à le chasser de son église. Il connaissait le fond de son cœur, savait qu’il reviendrait à ses devoirs et qu’il serait
14 novembre. — SAINT SAENS.
un jour plus ardent encore au bien qu’il ne l’avait été au mal. Peu a peu, en effet, il changea de vie, et, plein de confiance en lui, saint Martin le désigna comme son successeur sur le siège de Tours.
Brice, dès lors, devint un autre homme : il mit tout en œuvre pour faire oublier sa conduite passée, et pour expier par la pénitence les fautes qu’il avait commises. Tout le monde, cependant, ne crut pas à une si complète conversion 5 il 11e put échapper à des soupçons injurieux, et malgré la preuve de son innocence, il fut chassé de la ville. Il n’v rentra qu’après sept ans d’exil, et sur l’ordre du pape, qui lui fit rendre une tardive justice. Brice gouverna encore son diocèse pendant sept autres années, et mourut, rempli de mérites, le 13 novembre 444. Vers 580, Grégoire de Tours fit transférer ses restes à Clermont, en Auvergne, et le mit auprès du tombeau de saint Gai, son oncle.
SAINT SAENS.
Il menait une vie pieuse en Flandre, où il était né vers 620, lorsqu’arrivèrent dans ce pays les moines de Jumièges qu’y avait envoyés leur abbé Philibert pour diverses œuvres de charité. Il s’attacha à eux, les accompagna à leur retour en France et prit l’habit dans leur monastère. Il y porta au plus haut degré de ferveur la mortification et l’humilité que l’on pratiquait dans cette maison fameuse, où tant de religieux étaient fort avancés en perfection. La renommée le fit connaître à saint Ouen, évêque de Rouen, et à la cour de Thierri III. Les libéralités du roi ayant permis à saint Ouen de fonder une abbaye bénédictine dans le pays de Caux, en 675, d’un commun accord, ils y mirent Saens pour abbé; cependant, des documents donnent pour premier abbé à cette abbaye saint Leufroi. L’évêque l’honora toujours de son amitié, le consulta dans les affaires difficiles, et le choisit pour compagnon dans le pèlerinage qu’il fit à Rome avant sa mort. Saens lui survécut six ans
et mourut en 690. Saens est la forme française du nom latin Sidonius. On trouve une forme intermédiaire, Soudain, qui s’est également perpétuée ; le lieu où s’élevait jadis l’abbaye de Saint-Saens s’appelle le Camp-Soudain; on y voit une fontaine vénérée dans le pays, et où l’on vient en pèlerinage.