‹ La Vie des saintsChapitre 477 sur 536 · SAINT LÉOPOLD · texte numérisé non relu

SAINT LÉOPOLD

Léopold, né vers 1070, était marquis ou margrave d’Autriche, fils de Léopold III de Babenberg et petit-fils par sa mère de l’empereur Henri IV. Dès son plus jeune âge, il montra beaucoup de penchant vers la dévotion : il lisait assidûment l’Evangile et cherchait à conformer sa conduite aux maximes qui l’avaient le plus frappé. Son bonheur consistait dans la prière et la pratique des bonnes œuvres, surtout celles de la charité.

A la mort de son père, en 1096, il se proposa, en prenant le gouvernement, de civiliser ses sujets et d’en faire de fervents chrétiens; il commença par diminuer les impôts, puis il réforma la justice et veilla à ce qu’elle fût rendue de la façon la plus intègre. Le peuple l’aimait jusque dans les sévérités auxquelles il se voyait quelquefois obligé de recourir ; il exhortait lui-même les coupables à subir en esprit de pénitence le châtiment dû à leurs crimes. Dans la guerre entre le jeune Henri et Henri IV, il céda à des motifs religieux, et prit parti pour le fils contre le père, Henri IV s’étant rendu odieux par sa tyrannie envers ses sujets et ses entreprises contre le saint-siège; néanmoins, Léopold se repentit de cette conduite, et il en demanda pardon à Dieu. En 1106, il épousa Agnès, veuve de Frédéric, duc de Souabe; cette princesse, qui avait eu deux enfants de son premier mariage, en eut encore dix-huit pendant son union avec le margrave. Elle s’associa aux bonnes œuvres de son mari et l’encouragea dans les fondations pieuses qu’il entreprit : le monastère de Sainte-Croix, placé sous la règle de Cîteaux, et celui de Notre-Dame de Neubourg, desservi par des chanoines réguliers. Attaqué par Etienne II, roi de Hongrie, il le battit à deux reprises et agrandit à ses dépens le margraviat d’Autriche (1114). Ses grandes qualités, la sagesse de son administration, sa valeur, ses vertus, décidèrent plusieurs électeurs' à lui offrir la couronne impériale après la mort d’Henri V, mais Lothaire l’ayant

emporté, il n’eut contre lui aucun ressentiment, se montra son vassal fidèle et dévoué, et raccompagna dans son voyage d’Italie.

Léopold mourut le 15 novembre 1136, et fut enterré dans le monastère de Neubourg. Innocent VIII le canonisa en 1485.

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