SAINT HUGUES DE LINCOLN
aux grosses machines de guerre, criblaient les assiégés d’une grêle de flèches qui tuaient quiconque se montrait à découvert. Pour ranimer les courages, l’évêque fit promener en procession sur les remparts les reliques de son église, il se prodiguait en exhortations, en démarches ; ce fut en vain. Les assiégés l’accusèrent même de les avoir trompés en les leurrant d’un secours imaginaire. La ville se rendit, et Aignan fut chargé de porter les conditions au roi hun. Attila n’en accepta aucune : le pillage fut entrepris méthodiquement; les chariots enlevaient le butin à mesure, lorsqu’une clameur s’éleva qui paralysa les vainqueurs. Aétius et Thorismond, fils de Théodoric, accouraient à toute bride en tête de la cavalerie romaine. Le combat, commencé aux portes d’Orléans, se continua dans les rues : les Huns furent massacrés en grand nombre, mais Attila fit sonner la retraite; le lendemain, il avait disparu.
Telle fut cette fameuse journée du 14 juin 451. Le glorieux évêque ne survécut que deux ans, jusqu’au 17 novembre 453, jour où il mourut dans sa quatre-vingt-quinzième année. On l’inhuma dans l’église du monastère de Saint-Laurent des Orgerils, dont il avait été abbé. Plus tard, Robert, roi de France, lui éleva une église à Orléans, et ses reliques y furent transférées en grande cérémonie. Saint Louis, qui avait à ce saint une dévotion particulière, fit faire pour ses reliques une châsse nouvelle, qu’il voulut avoir l’honneur de porter lui-même, lors de la seconde translation.