‹ La Vie des saintsChapitre 483 sur 536 · SAINTE HILDA · texte numérisé non relu

SAINTE HILDA

se fut retirée dans la solitude, l’évêque Aïdan la remplaça à la tête de la communauté par une descendante d’Odin et d’Ella, Iiilda, petitenièce d’Edwin, le premier roi chrétien de Northumbrie. Née dans l’exil, en 614, pendant la domination d’Ethelfrid, chez les Saxons de l’Ouest, où son père avait péri de mort violente, elle était rentrée avec 'sa mère, lors de la restauration de sa race, en 617. Baptisée en même temps qu’Edwin par l’évêque Paulin, elle avait vécu vingt-trois ans au milieu de sa famille, très noblement, dit Bède, avant de se consacrer à Dieu.

Elle prit le voile en France, soit à Luxeuil, soit à Chelles, où devait mourir religieuse sa sœur Hereswitha, reine d’Est-Auglie. Rappelée par Aïdan, elle séjourna dans un petit domaine solitaire, sur les bords de la Wear, jusqu’au jour où il lui donna le gouvernement de Hartlepool, en 649. Les libéralités du roi Oswy, vainqueur des Merciens, lui permirent, en 658, d’établir un nouveau couvent à Streaneshalch, appelé depuis Whitby, sur les falaises qui dominent la mer du Nord. C’était une construction grandiose et pittoresque, et, comme son nom primitif signifie <( la baie du fanal », il est probable que les tours du monastère servirent de phare aux pêcheurs de la côte.

Hilda demeura pendant trente ans à la tête des deux maisons, et à Whitby comme à Hartlepool, elle déploya une capacité singulière pour la direction des âmes ; son influence s’étendit au dehors ; Aïdan, qui l’avait dirigée jadis, venait maintenant prendre les conseils de l’abbesse, et non seulement les évêques, mais aussi les rois et les princes de sa famille et ceux des royaumes voisins.

Au monastère de femmes était joint à Whitby un monastère d’hommes, selon un usage fort répandu en pays de rit celtique et qui fut apporté en France par les moines irlandais; ce fut un séminaire de missionnaires et même d’évêques, d’où sortirent nombre d’hommes remarquables. Hilda, qui avait de l’éloquence et qui adressait chaque jour des exhortations à ses religieux, les encourageait aussi à l’étude des lettres, tant sacrées que profanes; elle protégea le premier poète anglo-saxon, Ceadmon, l’admit parmi les moines, recueillit ses précieuses poésies et lui fit traduire en langue populaire les Evangiles et la plus grande

partie de l’Ancien Testament. Sept ans de cruelles souffrances la conduisirent à son dernier jour, qui arriva en 680.

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