‹ La Vie des saintsChapitre 486 sur 536 · SAINT EDMOND · texte numérisé non relu

SAINT EDMOND

Fatigué de la couronne et désireux d’aller à Rome finir ses jours dans la pénitence, Offa, roi d’Est-Anglie, abdiqua, en désignant pour son successeur le prince Edmond, âgé de quinze ans, et qui descendait des anciens rois du pays. Couronné le jour de Noël 855, au château de Bury, il gouverna avec une remarquable sagesse, montrant de précoces qualités morales et religieuses. Se défiant des courtisans et des faux conseillers, il voulait tout voir par ses yeux, tout entendre par

ses oreilles, tant il craignait l’infidélité des rapports et les manœuvres des passions liumaines. Son unique ambition était de maintenir la paix et d’assurer le bonheur de ses sujets; de là, son zèle pour la justice, la religion et les bonnes mœurs.

Il y avait quinze ans qu’il régnait, lorsque les Danois débarquèrent dans ses Etats sous la conduite de Hingnar et Hubba, deux de leurs chefs (870) ; ils y passèrent l’hiver et allèrent ravager, l’été suivant, la Mercie et la Northumbrie. Bien qu’ils eussent signé une trêve avec les Est- Angles, ils revinrent menaçants, et Edmond mit une armée en campagne. D’abord vainqueur à Hetford, il fut forcé de se replier, sous le nombre, au château de Framlingham, puis à Hoxon, où les envahisseurs s’emparèrent de sa personne, dans une église dont il avait fait sa retraite. Hingnar proposa de lui laisser son royaume à condition qu’il le reconnaîtrait pour suzerain et lui paierait tribut; mais Edmond refusa de régner à ces conditions, qui mettaient son peuple chrétien à la merci d’un païen et d’un barbare. Ne pouvant venir à bout de sa fermeté, furieux de lui entendre dire qu’il préférait mourir que d’offenser Dieu, Hingnar le fit attacher à un arbre, fouetter au sang, puis cribler de flèches. On mit fin à ce supplice en lui tranchant la tête (870). Son corps fut transféré à Saint-Edmundsbury, oh le roi Canut devait construire en son honneur une église et une abbaye, l’une des plus belles qu’ait possédées l’Angleterre.

SAINT C0L0MBAN.

Celui qui devait être le rival de saint Benoît, comme fondateur d’un institut monastique, naquit en 543, dans la province de Leinster, en Irlande. Initié dès son enfance aux lettres et aux arts libéraux, il se sentit poussé vers le cloître par le désir de fuir les tentations de la jeunesse. Il se réfugia au célèbre monastère de Bangor, qui comptait alors plus de 3,000 religieux, mais son séjour y fut d’assez courte durée.

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