SAINT JACQUES DE LA MARCHE
Jacques, né en 1389, de parents pauvres,, fat nommé au baptême Dominique ; le surnom qu’il a reçu lui vint de la Marche d’Ancône, sa province natale. Un prêtre, qui avait remarqué ses dispositions pour l’étude, lui enseigna les éléments de la langue latine, et contribua, avec le concours de personnes charitables, à lui faire compléter son éduca-
tion à l’université de Pérouse ; puis un gentilhomme lui remit la direction de ses enfants et l’emmenaà Florence. Traversant un jour Assise, Jacques, que tourmentait le désir d’une vie plus parfaite, entra dans l’église de Notre-Dame des Anges, et fut si édifié de la ferveur des religieux de Saint-François qu’il résolut de rester avec eux (1410). On l’envoya faire son noviciat dans ce qu’on appelait la Prison, et c’est là qu'il jeta les fondements de l’éminente sainteté à laquelle il parvint dans la suite. Il donnait trois heures de la nuit au sommeil, et le reste à la méditation des choses célestes, ajoutant à ces veilles une abstinence rigoureuse et une continuelle mortification de l’esprit et des sens. Jamais il n’ôtait son cilice, et il porta durant dix-huit ans une cotte de mailles sur sa chair nue. Ces austérités, rapporte son biographe, ruinèrent sa santé au point qu’il se vit travaillé de quatorze différentes maladies, toutes très douloureuses, et qui aboutirent à une fièvre étique ; mais il endura ces épreuves avec une patience héroïque, sans s’exempter d’aucun de ses devoirs ou exercices de dévotion. Ayant été élu archevêque de Milan, il prit la fuite et obtint, à force de prières, de ceux qui l’avaient poursuivi qu’on le laisserait exercer sa vocation de simple missionnaire.
En effet, Jacques avait pour la chaire un talent particulier ; ses sermons étaient simples, mais pleins d’énergie et d’onction; il semblait avoir les coeurs à son commandement. Aussi fut-il associé, en 1455, à saint Jean de Capistran pour prêcher la croisade contre les Turcs, qui venaient de s’emparer de Constantinople, et il le suivit en Bohême et en Hongrie. Par l’ordre du saint-siège, il accomplit, en outre, trois missions fructueuses dans les pays du Nord, Pologne, Danemark et Norvège; en ces vojmges si pénibles, qui lui coûtèrent treize années, où il ne devait pas attendre grande assistance des peuples qu’il visitait, il ne porta d’autre provision que la pauvreté et la confiance en Dieu. Calixte III le rappela en Italie pour y faire fonction d’inquisiteur général. Il mourut nonagénaire, le 28 novembre 1476, au couvent de la Trinité, près de Naples. Benoît XIII l’admit au rang des saints.
29 novembre. — SAINT SATURNIN.