‹ La Vie des saintsChapitre 501 sur 536 · SAINT PIERRE CHRYS0L0GUE · texte numérisé non relu

SAINT PIERRE CHRYS0L0GUE

DOCTEUR DE L’ÉGLISE

Pierre était natif d’Imola, en Romagne. Son intelligence précoce et son bon naturel frappèrent l’évêque de cette ville, nommé Corneille, qui prit soin de l’instruire et l’ordonna diacre. En 433, il accom-

pagna à Rome son bienfaiteur, chargé d’obtenir de Sixte III qu’il confirmât l’élection du nouvel archevêque de Ravenne. Le pape refusa ce qu’on lui demandait et proposa Pierre, dont il avait apprécié les mérites. Les gens de Ravenne soulevèrent des difficultés, arguant de l’obscurité du candidat et qu’il n’avait pas reçu le sacerdoce; mais ils finirent par se rendre. Jamais choix ne fut plus heureux. Pierre s’en montra digne en travaillant avec un zèle infatigable à réformer les abus et à déraciner les restes des superstitions païennes. Surtout il ne ménageait pas les instructions aux fidèles ; un de ses successeurs en recueillit cent soixante-seize. Elles se distinguent par la brièveté, l’élégance et le naturel ; toutefois elles plaisent plus à l’esprit qu’elles ne touchent le coeur, et, quoiqu’elles aient valu à leur auteur le surnom de Chrysologue (qui parle d’or), on ne peut les regarder comme des modèles de la véritable éloquence. Il prêchait souvent devant Valentinien III, qui tenait sa cour à Ravenne, et ce fut à la faveur de ce prince qu’il dut l’érection de cette ville en métropole.

Un des derniers actes de Pierre fut de protester contre l’apologie que l’hérésiarque Eutychès, condamné par le concile de Constantinople, avait faite de sa doctrine. « C’est avec tristesse, » lui écrivit-il, « que j’ai reçu votre lettre; car, si la paix de l’Eglise est pour nous une anticipation du bonheur céleste , la dissension entre ses membres nous plonge dans l’affliction et dans les larmes. » Bientôt après, il accueillit de la façon la plus honorable saint Germain d’Auxerre et lui rendit, après sa mort, de grands honneurs. Sentant approcher satin, il voulut retourner dans sa patrie ; il y mourut le 2 décembre 450. On lui doit la fondation de l’abbaye de Classe, près de Ravenne.

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