SAINT CYRAN
Issu d’une noble famille du Berry, il eut.pour père Sigelaïc, qui fut comte de Bourges, puis évêque de Tours, au temps de Dagobert, dont il était parent. Confié à un seigneur, nommé Elocoat, il passa quelque temps à Paris près du roi; ensuite, promptement dégoûté du monde, il
5 décembre. — SAINT SABAS.
revint à Tours, où, après une longue prière au tombeau de saint Martin , il coupa ses cheveux et se voua au service de Dieu. Son père l’admit alors au nombre des clercs, et peu après le nomma archidiacre. Il y avait alors, en Touraine, un solitaire irlandais, Fladius, célèbre par sa sainteté et la rigueur de sa doctrine ; il s’attacha à lui et ils firent ensemble le pèlerinage de Rome. Chemin faisant, Cyran se mêlait aux ouvriers des champs, travaillait avec eux, gagnait le pain du jour, et le soir leur annonçait la parole divine.
A son retour, il retrouva Flocoat, qui lui obtint du roi un domaine appelé Meobecq, situé en Berry, dans les forêts de la Brenne. Il y construisit d’abord une cellule en bois, puis une église et un monastère de bénédictins, dont il fut proclamé abbé par les nombreux disciples qui étaient venus se joindre à lui. Ce monastère acquit en peu de temps un tel renom, que les religieux s’y trouvèrent à l’étroit; à la prière de Flocoat, Dagobert lui fit don d’un second domaine, Lonrey, sur les bords de la Claise, et une autre abbaye s’y éleva bientôt, enrichie par les libéralités de tous les seigneurs voisins, parmi lesquels on cite un comte Magnobode. Lonrey fut bientôt aussi peuplé que la maison mère ; il y vint, entre autres, un noble et pieux personnage de Guyenne, qui devint saint Didier. L’histoire garde le silence sur le reste de la vie de saint Cyran. Nous savons seulement qu’il mourut à un âge fort avancé, vers 657. Une partie de ses reliques furent transportées au monastère de Lonrey, qui prit alors le nom de Saint- Cyran. Il est le patron de la ville du Blanc.