‹ La Vie des saintsChapitre 510 sur 536 · SAINT DAMASE · texte numérisé non relu

SAINT DAMASE

Espagnol d’origine, Damase naquit à Rome, en 304, d’un père attaché à l’église de Saint-Laurent. Il reçut de lui la première connaissance des lettres, et les premiers degrés du sacerdoce. A l’époque où il était diacre, le pape Libère fut relégué à Bérée (355) ; Damase l’accompagna pendant une partie de la route, eut beaucoup de part au gouvernement de l’Eglise en son absence, et fut, à sa mort, choisi pour lui succéder (366). On vantait son instruction variée, sa facilité à écrire en prose et même en vers. Son caractère affable et bienveillant le faisait rechercher du monde, non moins que la distinction de son esprit. Dans son élection, il eut pour lui la plus saine partie du clergé ; mais une faction d’ambitieux et de jaloux lui opposa un diacre nommé Ursin, passé maître en fait de brigues et assez mal famé. Quand Damase eut été proclamé, la cabale protesta en tumulte, procéda, par les moyens les plus honteux, à une nouvelle élection dans la basilique du mont Sicin ou de Libère, et força Paul, évêque de Tivoli, à sacrer Ursin. Cette cérémonie illégale provoqua la colère des bons citoyens : l’église fut envahie, on en vint aux mains, et cent trente-sept personnes restèrent parmi les morts. Le schisme dura seize ans, à la grande douleur de Damase, que les rebelles ne cessèrent d’abreuver de calomnies. Saint Jérôme, qu’il avait baptisé et qui l’aida par la suite, affirme que jamais homme n’eut une vie plus pure et plus sainte.

Après avoir ramené l’Eglise à l’unité, Damase travailla d’une main ferme à la réforme du clergé. 11 tint plusieurs conciles pour combattre les hérésies, et fit célébrer à Constantinople, sur les instances de Théodose, le second concile général (381), où l’on confirma contre les ariens la foi de Nicée; on y réintégra aussi saint Grégoire de Nazianze, et si l’on donna à ce siège la primauté après celui de Rome, le pape ne voulut point approuver cette mesure, qui devait être une source de dangers pour l’avenir. Il retint auprès de lui saint Jérôme en qualité de secrétaire ; il le chargea de répondre aux consultations que les évêques

lui adressaient de toutes parts, et l’engagea à traduire l’Écriture en latin. C’est à lui qu’on doit la réparation de l’église de Saint-Laurent ; il décora les lieux saints et les tombeaux des martyrs d’épitaphes en vers, ainsi que d’ornements appropriés et de peintures. Ce zélé défenseur de l’orthodoxie mourut le 10 décembre 384. Le Martyrologe romain , qui lui donne le titre de confesseur à cause des dures épreuves qu’il eut à traverser, marque sa fête au 11 décembre.

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