SAINT CORENTIN
Son père était un Celte d’Irlande, qui était venu s’établir en Armorique, dans la province de Cornouaille. Il naquit en 375, embrassa l’état ecclésiastique, fut promu au sacerdoce, et se retira dans un ermitage de la paroisse de Plomodiern. Le prince Grallon, étant à la chasse, s’égara un jour de ce côté, prit avec sa suite un repas dans sa cabane, et en récompense lui fit don d’un vaste domaine. Corentin y construisit un monastère, qui fut bientôt peuplé de religieux, et près duquel il établit une école, où les enfants étaient élevés. Grallon, désirant fonder un évêché dans sa province, le fit venir et l’envoya vers saint Martin, archevêque Tours, dont la juridiction s’étendait sur toute la Bretagne, afin de recevoir de lui la consécration épiscopale. A son retour, le prince lui donna son château de Kemper pour en faire une église. Deux nouveaux monastères furent bâtis, dont les abbés furent des disciples de Corentin, Tugdual et Guennolé.
Le nouvel évêque entreprit de visiter entièrement son diocèse : il corrigea les abus qui s’étaient introduits parmi les fidèles, combattit les superstitions du culte druidique, et ordonna des ecclésiastiques pieux et instruits pour le service des paroisses. Au concile d’Angers de 453, où il assista, on le trouve désigné sous le nom de Chariaton. Après sa mort, arrivée en 4G0, la ville dont il avait été le premier évêque
13 décembre. — SAINTE LUCE.
s’appela Kemper-Corentin. Il y est en grande vénération, et jadis son culte s’était étendu dans les diocèses voisins.