‹ La Vie des saintsChapitre 515 sur 536 · SAINT SPIRIDION · texte numérisé non relu

SAINT SPIRIDION

C’était un berger de l’île de 'Chypre, qui vivait du produit d’un troupeau de moutons, qu’il menait paître lui-même. Il se maria et eut une fille nommée Irène, qui consacra au Seigneur sa virginité et demeura toujours avec son père. Sa vie de juste et de pieux serviteur de Dieu l’avait mis , malgré sa pauvreté, en si grande vénération près de

Fig. 297. — Les béatitudes : Heureux ceux qui ont l'esprit de pauvreté. D’après un bronze du XII° siècle.

ses frères, qu’ils le choisirent pour évêque de Trimythonte, petite ville située sur le bord de la mer, non loin de Salamfne. Ses fonctions ne lui firent pas abandonner son ancien état, et, quoique ses revenus fussent très modiques, il en donnait la moitié aux pauvres et trouvait encore, sur l’autre moitié, le moyen de prêter à ceux qui étaient dans la gêne. On ne frappait jamais en vain à sa porte, mais il veillait à ce que l’argent prêté rentrât exactement dans sa bourse , car c’était la bourse de tous et l’on ne devait pas y puiser au détriment des autres. Pendant la persécution de Galère, il souffrit courageusement

pour la foi, subit la torture et fut condamné aux mines avec quan-

tité. d’autres chrétiens. Quand Constantin eut rendu la paix à l’Église, Spiridion rentra dans son diocèse, et alla siéger, en 325, au concile de Nicée. Bien qu’il eût peu étudié les lettres, il avait si assidûment fréquenté les Livres saints qu’il les savait par cœur : dans une assemblée des évêques de Chypre, il eut l’occasion de reprendre saint Triphylle, évêque de Lèdres, qui, par purisme, avait changé un mot dans une citation d’un passage de l’Évangile , montrant ainsi son profond respect pour le texte sacré. On ne connaît point exactement la date de sa mort, mais il faut la placer après 347, car il assista au concile de Sardique (Sofia), qui se tint en cette année, et s’y montra l’un des plus zélés défenseurs d’Athanase, persécuté par les ariens.

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