SAINT ADON
Issu d’une famille illustre du diocèse de Sens, il naquit en 799 et fut élevé, sous la discipline de Loup Servat, à l’abbaye bénédictine de Ferrières, oîi il prononça ses vœux. Il passa ensuite au monastère de
Pruym , en Allemagne ; les deux maisons avaient de fréquentes relations et des moines de Ferrières étaient souvent envoyés à Pruym pour y apprendre l’allemand. La jalousie qu’excitaient ses mérites parmi ses nouveaux frères lui rendit ce dernier séjour si pénible, qu’il l’abandonna pour entreprendre le pèlerinage de Jérusalem. En revenant, il demeura près çle quatre ans à Rome, et s’arrêta ensuite à Ravenne, où il copia un manuscrit qui devait lui servir pour la composition de son Martyrologe. Quand il arriva à Lyon, l’archevêque Rend le retint près de lui, en lui donnant pour retraite, lorsqu’il voudrait passer quelque temps dans la solitude, l’église de Saint-Romain, près de Vienne. L’évêque de ce dernier siège, Agilmar, étant mort en 860, Rend, de concert avec Ebbon, évêque de Grenoble, le désigna aux fidèles, qui se rendirent à ce désir en le choisissant pour pasteur.
Aussitôt élu, Adon envoya, selon la coutume, sa profession de foi au pape Nicolas Ier, et resta depuis en correspondance suivie avec lui. L’observance régulière s’étant relâchée dans les monastères, il travailla à la rétablir, et prit soin également que les ecclésiastiques de son diocèse vécussent conformément à la sainteté de leur état. Les pauvres et les malades eurent leur part de sa sollicitude; sa charité était si grande qu’il voulait que la porte de sa maison fût ouverte à tout venant, même durant ses repas, et jamais malheureux n’approcha de lui sans recevoir des secours proportionnés à ses besoins. Il parut avec éclat dans plusieurs conciles et fut honoré de la confiance des empereurs Charles le Chauve et Louis le Germanique. Bien qu’il menât durant le jour une vie fort active, il se reposait à peine et passait ses nuits à prier ou à composer de pieux et savants ouvrages. C’est ainsi qu’il écrivit une Chronique , qui va depuis le commencement du monde jusqu’à son époque; un traité sur les fêtes des apôtres et des saints qui ont été leurs disciples ou leurs successeurs ; enfin , le Martyrologe dont il a été fait mention, et les Vies de saint Didier, archevêque de Vienne, et de saint Chef, abbé de Vienne.
Saint Adon mourut, le 16 décembre 875, dans sa ville épiscopale et fut enterré à l’église de Saint-Pierre.
16 décembre. — SAINTE ADÉLAÏDE.