‹ La Vie des saintsChapitre 529 sur 536 · SAINTE FABIOLA · texte numérisé non relu

SAINTE FABIOLA

Romaine, elle appartenait à l’illustre famille Fabia, qui remontait à la fondation de Rome. Ses parents, qui étaient chrétiens, la marièrent cependant à un païen, riche, sans doute, mais d’une mauvaise conduite.

Peu instruite elle-même des lois de l’Église, Fabiola réclama le divorce et, l’ayant obtenu, se remaria. Cet acte était opposé à l’enseignement des docteurs, qui admettaient à peine les seconds mariages, après la mort de l’un des époux. Elle fut donc retranchée de la communion des fidèles et condamnée à faire pénitence publique avant que d’y rentrer.

Sa douleur fut extrême en apprenant la gravité de la faute qu’elle avait commise, et elle se promit de l’expier par une vie toute de charité et de mortifications. Ayant vendu ses biens, elle en distribua le prix aux pauvres, moins une somme qu’elle héserva pour fonder un hôpital. C’était la première maison de ce genre qu’on voyait à Rome, mais l’exemple fut fécond, et les gens charitables pensèrent dorénavant aux malades en même temps qu’aux pauvres. Elle fit le pèlerinage de Jérusalem et alla visiter saint Jérôme dans le monastère où il s’était retiré et commençait sa traduction des Livres saints ; elle l’avait connu à Rome , et avait vécu sous sa conduite ainsi que d’autres illustres chrétiennes. L’invasion de la Palestine par les Arabes la fit revenir en Italie, et elle reprit sa vie charitable, se montrant plus que jamais la mère des malheureux, accueillant dans son hôpital les malades les plus abandonnés et les servant elle-même. Ses bienfaits s’étendaient au loin : on la voit secourir les monastères situés dans le nord de l’Italie. Elle mourut vers l’an 400; saint Jérôme, qui parle d’elle dans une de ses lettres, nous apprend que tous les pauvres de la ville assistèrent à ses funérailles.

Page 1