‹ La Vie des saintsChapitre 58 sur 536 · SAINT POLYEUCTE · texte numérisé non relu

SAINT POLYEUCTE

Encore païen lors de la persécution de Dèce (257), il embrassa la foi nouvelle d’après les conseils de Néarque, chrétien fervent à qui l’unissait une étroite amitié. Il servait comme officier dans la légion campée à Mélitène, sur l’Euphrate, et avait épousé la fille d’un Romain honorable. Depuis sa conversion, il soupirait après le martyre : il lacéra en public les édits de l’empereur et brisa des idoles que l’on portait au temple. On le jeta en prison. Les tortures les plus horribles ne purent amollir sa résolution, et il demeura également insensible aux larmes de sa femme Pauline et de ses enfants, comme aux instances de son beau-père. On abrégea ses souffrances en le condamnant à avoir la tête tranchée. Son corps fut inhumé par les soins de Néarque, qui écrivit, dit-on, les actes de son martyre.

Il y avait, du temps de Justinien, à Constantinople, une magnifique église dédiée à Polyeucte, et l’on s’y rendait pour s’engager réciproquement par des serments solennels. Corneille a fait de lui le héros d’une tragédie, qui est un chef-d’œuvre.

SAINT LEZIN.

Lezin, en latin Licinius, fils d’un des leudes de Clotaire Ier, se distingua par sa valeur et sa prudence dans les fonctions civiles et militaires ; loin de se laisser éblouir par le faux éclat des honneurs, il sut, même à la cour, les sanctifier par une exacte fidélité à remplir ses devoirs de chrétien. Lorsqu’il fut devenu comte de l’Anjou, il céda aux sollicitations de ses amis, qui le pressaient de se marier ; mais celle qu’il devait épouser ayant été attaquée de la lèpre, il crut voir quelque chose de surnaturel dans cet accident, et mit à exécution son secret désir de renoncer au monde (580). Six ans plus tard, le siège d’Angers était vacant; le peuple, qui avait gardé bon souvenir de

14 février. — LES SAINTS VALENTIN.

l’ancien gouverneur, le supplia de l’occuper. Dès qu’il eut reçu l’imposition des mains, Lezin s’efforça d’appliquer à la direction des âmes les talents qu’il avait déployés au service des rois francs : il instruisait les ignorants, rachetait les esclaves, rendait la justice, nourrissait les pauvres, parcourait fréquemment son diocèse; unissant la douceur à la fermeté, il savait aussi compatir à la faiblesse humaine, et les cœurs les plus endurcis ne pouvaient résister à un tel exemple de sainteté, que rehaussait parfois le don des miracles. Ce digne pasteur mourut à Angers, en 605, selon l’opinion la plus commune.

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