‹ La Vie des saintsChapitre 61 sur 536 · SAINTE JULIENNE · texte numérisé non relu

SAINTE JULIENNE

A l’insu de sa famille, qui était fort attachée au culte des faux dieux, Julienne, une des filles les plus remarquables de Nicomédie, avait embrassé la vraie foi. Quand elle fut en âge de se marier, ses parents l’engagèrent, sans la consulter, à un jeune homme nommé Evilatius, qui la recherchait. Afin de gagnerdu temps, elle s’avisa del’avertir sous main qu’elle ne consentirait jamais à l’épouser s’il n’obtenait de l’empereur la charge de préfet de la ville. Cette condition, toute dure qu’elle fût, excita la passion du fiancé : il fit tant de démarches qu’il fut nommé. Alors Julienne déclara la vérité : elle avait reçu le baptême et il lui serait impossible de vivre avec un époux qui ne partagerait pas sa croyance. Grand fut le couroux de son père à cette nouvelle ; promesses, menaces, voies de fait, rien ne put l’amener à donner son consentement. Evilatius, de son côté, eut recours à tous les moyens de persuasion, l’assurant même qu’il se ferait chrétien, si cela s’accordait avec le respect des édits impériaux, mais qu’en cas de refus, il serait obligé de la condamner à mort. Julienne demeura inflexible dans sa résolution. Elle fut donc livrée aux bourreaux : après avoir été battue de verges et suspendue par les cheveux, après avoir surmonté la flamme d’un brasier et l’ardeur d’une chaudière bouillante, elle eut la tête tranchée et acheva ainsi son martyre (305).

SAINT SILVIN.

Appartenant à une famille honorable du Midi, Silvin, né à Toulouse, passa une partie de sa jeunesse à la cour de Childéric II et de Thierri III , rois de Neustrie. Pour complaire à ses parents, il promit le mariage

à une personne de condition; mais pressé par le désir d’embrasser un état plus parfait, il rendit sa parole, et quitta famille et patrie pour entreprendre différents pèlerinages. Au retour de la Terre sainte, il s’arrêta à Rome ; il y fut nommé évêque régionnaire, c’est-à-dire chargé de la mission de prêcher la foi soit dans les pays où elle n’avait pas été annoncée, soit dans ceux où elle ne dominait point encore.

La Morinie (Picardie actuelle) devint le principal théâtre de ses travaux apostoliques, et il y opéra de nombreuses conversions. On l’aimait comme un père et on l 'honorait à l’égal d’un prince; et c’était justice, car il surpassait la plupart de ses contemporains en humilité et en sainteté. Libéral envers tous, plein de sagacité dans la doctrine, il s’habillait pauvrement, satisfait d’être riche de bonnes oeuvres; il était si tempérant, qu’on le vit, des années entières, se priver de pain et se nourrir exclusivement d’herbes et de fruits. C’est à lui que les habitants de Térouenne, de Boulogne, de Calais et d’autres localités voisines durent le bienfait d’ouvrir les yeux à la vraie lumière. Silvin mourut, le 15 février 718, au monastère d’Auchy en Artois, qu’il avait fondé. Il a été confondu quelquefois avec un autre Silvin, qui occupa, au même temps, le siège de Toulouse.

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