‹ La Vie des saintsChapitre 86 sur 536 · SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE · texte numérisé non relu

SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE

DOCTEUR DE L EGLISE

Issu de cette famille bénie qui donna à l’Eglise plusieurs illustres défenseurs, Grégoire était le frère puîné de saint Basile, et naquit vers 335, probablement à Césarée, ville du Pont. Une santé délicate et un goût très vif pour l’étude le tinrent pendant sa jeunesse éloigné de la vie active. Il venait d’épouser une jeune fille nommée Tliéosébie, dont Grégoire de Nazianze parle comme de la « merveille de son sexe )>, lorsqu’il eut un songe qui lui parut un avertissement d’en haut : se séparant de sa femme, il embrassa l’état ecclésiastique et fut revêtu des fonctions de lecteur. La passion qu’il avait pour les lettres grecques lui fit ouvrir une école de rhétorique.

Après une courte retraite dans un monastère, il fut désigné par Basile pour le siège épiscopal de Nysse, en Cappadoce (371), et son frère ajoutait :

« Il faut que ce soit lui qui honore la chaire, et non la chaire qui honore l’évêque. » On eût ignoré, en effet, le nom de cette obscure bourgade si les vertus et les talents du saint pasteur ne l’eussent rehaussée d’un lustre

Pig. 37. — Saint Grégoire de Nysse. D’après le Dominiquin

égal à celui de mainte métropole. L’élection de Grégoire fut attaquée par les ariens, et un concile hérétique le déposa; il fut même arrêté, mais il parvint à s’échapper des mains des soldats et promena plusieurs années son exilet ses tristesses. A l’avènement de Gratien (378), qui remit les catholiques en possession de leurs églises, il revint à Nysse. Lajoie de son retour fut troublée par la mort, à quelques mois d’intervalle, de saint Basile et de sainte Macrine, sa sœur. En 379, le concile d’Antioche le chargea de parcourir l’Arabie et la Palestine en vue d’y réprimer l’hérésie et les discordes du clergé, mission fatigante dont les résultats ne parurent pas répondre à ses efforts.

Les dernières années de Grégoire furent marquées par la composition de nombreux écrits et la part qu’il prit aux divers conciles généraux tenus à Constantinople. En 381, il fut compris au nombre des prélats qui représentaient l’orthodoxie pure; en 385, il prononça l’oraison funèbre de l’impératrice Flaccilla, et en 394 on le rangea parmi les métropolitains, honneur accordé bien plus à sa personne qu’à son siège. L’époque exacte de sa mort n’est pas connue ; elle peut néanmoins être placée avant la fin du siècle. Toute l’antiquité a eu la plus grande estime pour les ouvrages de saint Grégoire, auquel le second concile de Nicée a décerné le titre glorieux de Père clés Pères. Peut-être n’y saurait-on rien admirer sans réserve à cause de la richesse souvent excessive de son imagination ; cependant on y rencontre en beaucoup d'endroits des morceaux pleins de grandeur et animés d’un saint enthousiasme.

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