‹ La Vie des saintsChapitre 89 sur 536 · SAINT EULOGE · texte numérisé non relu

SAINT EULOGE

Euloge, né en 800, passa les premières années de sa vie parmi les clercs de la communauté de saint Zoïle à Cordoue, sa patrie ; dès qu’il eut reçu l’ordination sacerdotale, il fut placé à la tête de leur école. On admirait son humilité, sa douceur, sa continence, son application à la prière et à la méditation de l’Ecriture, dans laquelle il devint très habile. En 844, il se mit en quête de ses deux frères, depuis lougtemps partis pour les pays étrangers avec des marchandises de prix. Les Maures, qui étaient maîtres de l’Espagne, n’avaient laissé aux chrétiens que le négoce et les arts mécaniques pour subsister et acquitter les tributs excessifs dont ils les accablaient. Le voyage de notre saint dura deux ans : il fit à peu près le tour de l’Espagne, sans pouvoir en sortira cause de la guerre avec Charles le Chauve, et, s’il ne rencontra point ses frères, il tira grand profit, pour le salut des âmes, de son passage dans les différents monastères qu’il visita.

Au milieu de la violente persécution suscitée par Abdérame II, roi de Cordoue, Euloge composa une Exhortation au martyre et un Mémorial des saints , où il défend la cause des confesseurs du Christ et décrit leur triomphe. Elu archevêque de Tolède en 859, il reçut la palme du martyre avant même la cérémonie de son sacre. Une jeune musulmane, nommée Lucrèce, s’étant convertie à l’insu de ses parents, trouva chez lui un asile. Aussitôt arrêtés et conduits devant le juge, tous deux furent condamnés à avoir la tête tranchée. Pendant qu’on les menait au supplice, un musulman appliqua un soufflet à Euloge pour avoir mal parlé de Mahomet ; le saint tendit la joue et en reçut patiemment un second

Les chrétiens enlevèrent les corps des deux victimes, et, en 883, on transporta leurs reliques à Oviedo (Asturies).

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