SAINTE GENEVIEVE
de faire pénitence de leurs fautes, et les assura qu’ainsi fortifiés, ils n’auraient point lieu de rien craindre. L’événement justifia cette prédiction : Attila passa à quelque distance de Paris, et bientôt la victoire
Fig. 2. — L’ancienne église Je Sainte-Geneviève, à Paris, vers 1516.
de Châlons le força de battre en retraite. Ce fut un signalé triomphe pour la sainte fille, dont la renommée s’étendit de toutes parts, même jusqu’en Orient, où saint Siméon Stylite se recommanda à ses prières. Quelque temps après , — sous Mérovée ou Childéric , on ne sait, — les
Francs, qui venaient de faire irruption dans la Gaule, mirent le siège devant Paris et, malgré la résistance qu’opposa la garnison romaine, finirent par s’en rendre maîtres. Cette guerre, ayant traîné en longueur, ruina le pays et le livra aux horreurs de la famine. Emue de compassion, Geneviève n’hésita pas à remonter la Seine, puis l’Aube jusqu’à Troyes, et revint de ce pénible voyage avec onze grandes barques chargées de blé qu’elle distribua aux plus pauvres habitants.
Il est difficile de préciser l’époque où Clovis entra en relations avec elle; mais on peut présumer en toute vraisemblance qu’il alla la voir dans les premières années qui suivirent son baptême, visite d’autant plus naturelle que le fait s’en reproduit partout où quelque chef barbare rencontrait sur son passage les représentants de la foi chrétienne. Dans ses différents séjours à Paris, le roi lui donna des marques multipliées de sa bienveillance, et ce fut par ses conseils qu’il bâtit, non loin des Thermes de Julien, une basilique aux saints apôtres Pierre et Paul. Geneviève entretint avec saint Remi des rapports spirituels ; elle fit à son intention de fréquents voyages à Reims. Sa dévotion à saint Denis l’avait déjà portée à lui élever une église de ses deniers; une égale révérence envers saint Martin la détermina, quoique bien âgée, à se rendre à Tours, où elle pria sur son tombeau. Enfin, après une vie passée tout entière dans la pratique des bonnes œuvres, elle mourut le 3 janvier 512, plus que nonagénaire. On l’inhuma dans l’église des Apôtres, qui fut dès lors placée sous son invocation, et vers G30 une châsse magnifique, œuvre de saint Eloi, reçut ses restes. Elle est la patronne de Paris, qui l’a toujours honorée d’un culte fervent.