‹ La Vie des saintsChapitre 91 sur 536 · SAINTE EUPHRASIE · texte numérisé non relu

SAINTE EUPHRASIE

Fille unique d’un sénateur, proche parent de l’empereur Théodose le Grand, elle naquit, en 381, à Constantinople. Son père étant mort l’année d’après, elle fut fiancée à un très riche seigneur, et, en attendant l’époque de la marier, sa mère la conduisit en Egypte, où elle possédait des biens considérables. Il y avait dans leur voisinage un couvent de religieuses, dont la règle était d’une grande austérité. Toutes deux y faisaient de fréquentes visites, et un jour l’enfant demanda à y rester; elle avait sept ans. « Seigneur, s’écria la veuve, ayez soin de cette chère fille, qui vous a désiré et qui s’est donnée à vous. )) On revêtit Euphrasie de la robe monacale, et peu après elle devint orpheline. En vain l’empereur la sollicita de revenir à Constantinople pour accomplir son ma-

riage ; elle lui répondit qu’elle avait déjà un époux et le supplia, par les bontés dont il avait honoré ses parents, de disposer de toute sa fortune au profit des pauvres et des églises, d’affranchir ses esclaves et de prier pour elle avec l’impératrice. Les volontés de la jeune héritière furent exécutées. Ainsi dégagée de tout soin terrestre, elle s’avança de plus en plus dans les voies de la perfection. L’humilité, sa principale vertu, lui fit choisir de préférence les travaux les plus pénibles du monastère : elle s’employait à balayer les cellules, à porter de l’eau et du bois, à cuire le pain, à soigner les enfants malades. Elle mourut en 411, à l’âge de trente ans.

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