‹ La Vie des saintsChapitre 92 sur 536 · SAINTE MATHILDE · texte numérisé non relu

SAINTE MATHILDE

Par son père Théodoric, comte d’Olclem bourg, elle descendait du fameux Witikind, le chef des Saxons qui tint tête à Charlemagne. Sa grand’ mère la demanda pour lui donner une éducation pieuse dans le monastère de Hervord, dont elle était abbesse. Mariée en 909 à Henri l’Oiseleur, duc de Saxe, elle garda ses habitudes de simplicité et son zèle pour les bonnes œuvres. Henri, qui fut élu en 920 roi de Germanie, avait eu une première femme, qu’il fut obligé de répudier sur l’injonction du pape; c’était un prince bon et humain, à la fois législateur et guerrier, mais trop enclin aux plaisirs et sujet à de terribles accès de colère. Mathilde s’efforça de tempérer ses défauts par une intervention discrète; elle plaidait auprès de lui la cause de la justice et de la religion, et eut beaucoup de part à ses fondations pieuses ainsi qu’à la conversion des peuples encore païens qu’il avait soumis. Henri se plut, avant de mourir, à reconnaître ses services, et il ajouta : (( Jamais homme n’a eu épouse d’une plus grande fidélité et d’une piété plus éprouvée. » Au milieu des grandeurs, elle n’oubliait pas cependant les devoirs d’une chrétienne; elle visitait et soignait les malades, servait les pauvres, rendait la liberté aux prisonniers, passait souvent les nuits en prière,

14 mars. — SAINTE MATHILDE.

et répandait autour d’elle d’abondantes aumônes. Son union fut bénie entre toutes : elle eut trois fils, Otlion, qui fut empereur d’Allemagne ; Henri, duc de Bavière; saint Bruno, archevêque de Cologne; et de ses

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Fig. 40. — Les Œuvres île mis éricorde. Couvercle de la cuve baptismale de Hildesheim (Hanovre), travail eu bronze du XIIIe siècle.

six filles, l’aînée, Gerberge, épousa Louis IV, roi de France, et la cadette, Hedwige, fut la mère de Hugues Capet.

Devenue veuve (936), Mathilde se retira à Quedlimbourg. Son mari lui avait, par reconnaissance, assigné de grands domaines, afin de la soustraire aux vicissitudes du sort. Pour elle, détournant ses regards des choses d’ici-bas, elle vécut dans la méditation, la prière et les saints

exercices. Ayant besoin de peu pour elle-même, et se contentant de moins encore, elle donnait tout ce qu’elle avait aux églises, aux couvents et aux nécessiteux. Ses libéralités chagrinaient son fils préféré Henri de Bavière, qui était d’un naturel cupide et ambitieux. Il excita l’empereur Othon contre elle, et ces deux frères, longtemps divisés, se réunirent pour mettre obstacle à ce qu’ils qualifiaient de dilapidation des deniers royaux. La bonne reine supporta sans murmure les tourments dont on l’accabla. Résolue à ensevelir sa douleur dans un cloître, elle se mit en route pour la W estphalie. Sur les représentations de sa femme Edith, l’empereur reconnut sa faute et en implora le pardon; Henri suivit son exemple, et ils s’empressèrent de restituer à leur mère les biens dont ils l’avaient injustement dépouillée. Désormais la bonne harmonie ne fut plus troublée entre eux ; celle qui fut la plus vertueuse princesse de son siècle continua en paix son œuvre de bienfaisance et de sainteté jusqu’au jour de sa mort, arrivée le 14 mars 968, à Halberstadt, et son corps repose dans l’abbaye des dames nobles de Quedlimbourg, qu’elle avait fondée.

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