SAINT ZACHARIE
Successivement chanoine, bénédictin et cardinal-prêtre, Zacharie, Grec de nation, fut élu pape le 28 novembre 741, à la mort de saint Grégoire III. Il signala son pontificat par sa douceur et sa bonté envers ceux qui l’avaient persécuté avant son élévation, ainsi que par la sincère affection qu’il témoigna au clergé et au peuple de Rome. La révolte des ducs de Bénévent et de Spolète contre Luitprand, roi des Lombards, lui fournit l’occasion de manifester son esprit de justice et de charité : il alla trouver ce prince à Pavie (743), et obtint de lui qu’il rendît au patrimoine de saint Pierre plusieurs villes dont il s’était emparé, et qu’il renvoyât sans rançon tous ses prisonniers. Son crédit ne fut pas moindre sur Ratchis, successeur de Luitprand : il réussit non seulement
16 mars. — SAINT HERIBERT.
à lui faire lever le siège de Pérouse, mais il le détermina à déposer la couronne pour s’enfermer au Mont-Cassin. Ce fut également à ses conseils qu’en 747 céda Carloman, duc d’Austrasie, lorsqu’il préféra au monde une cellule dans la même abbaye.
Depuis longtemps la France n’était plus gouvernée que par des fantômes de rois, et la puissance réelle était aux mains des maires du palais. Charles Martel, un des plus illustres d’entre eux, avait hésité à rompre avec cette fiction enjoignant le titre royal à l’autorité, bien qu’il y eût été sollicité par deux ambassades du pape Grégoire III. Son fils Pépin, après avoir triomphé de ses ennemis, jugea le moment venu. En 751 il dépêcha en Italie Burchard, évêque de Wurtzbourg, et Fulrad, abbé de Saint-Denis, et les chargea de consulter le pape touchant les rois francs de la race mérovingienne, qui n’avaient plus de rois que le nom. Zacharie fit réponse qu’il valait mieux que celui-là fût roi, qui exerçait la puissance royale. L’année suivante, dans une assemblée générale des évêques et des leudes réunie à Soissons, Pépin fut proclamé roi des Francs et sacré bientôt après par saint Boniface.
Zacharie mourut à Rome, le 14 mars 752. Il orna la ville de plusieurs 1 telles églises et fonda des hospices en faveur des pauvres et des pèlerins. Nous avons de lui des lettres, quelques décrets et une traduction grecque des Dialogues de saint Grégoire le Grand. Sa mémoire est honorée le 15 mars.
SAINT HÉRIBERT.
Héribert fut élu, en septembre 999, prince-archevêque de Cologne. Il était alors en Italie, à la suite de l’empereur Othon III, auprès duquel il remplissait les fonctions de chancelier ; son mérite éminent détermina son élection. D’une famille comtale de la Souabe, il avait reçu une bonne éducation dans l’abbaye de Goltze, et fut ensuite nommé prévôt du diocèse de Worms, sa ville natale. La prudence et la modération dont
il fit preuve le mirent en faveur à la cour; Otlion le distingua, et l’engagea à entrer dans les ordres.
Avant d’arriver à Cologne, Héribert descendit de cheval, acheva la route nu-pieds, avec une humilité d’autant plus remarquable que les ar-
chevêques étaient aussi princes temporels, et fut sacré le lendemain, jour de Noël, à la messe de l’aurore. Il se montra hostile au nouvel empereur Henri II, et n’eut aucune part dans ses conseils ; la malice des envieux faillit même le faire traiter en rebelle. Il l’accompagna toutefois à Rome lors de la cérémonie du couronnement (1014). Depuis, rendu au soin de son Eglise, il s’y livra tout entier. Il fonda l’abbaye de
17 mars. — SAINT PATRICE.
Deutz, releva plusieurs édifices sacrés, et projetait de bâtir une cathédrale en l’honneur des apôtres, ce qui fut réservé à son successeur. Une terrible famine, qui désola la France et l’Allemagne, lui fournit l’occasion de signaler sa charité. Les malheureux, que ce fléau chassait de leurs foyers, vinrent en foule de toutes parts se réfugier à Cologne ; le saint prélat les reçut avec bonté, et leur administra tous les secours dont ils avaient besoin. Non content d’assister ceux qui venaient à lui, il envoya des clercs dans plusieurs villes pour y porter des secours, retraçant ainsi le magnifique exemple donné par saint Jean l’Aumônier.
Héribert mourut à Cologne, le 16 mars 1021. Il fut canonisé par Grégoire VII.