MÉDITATION SUR LES JOIES DU PARADIS
LES plaisirs de ce monde ressemblent à des eaux fangeuses qui ne sauraient nous désaltérer. Avez-vous jamais entendu dire à un avare, à un ambitieux, à un voluptueux : C'est assez ? Vousmême, pouvez-vous dire que vous ayez jamais été pleinement satisfait de la possession d'un bien créé ? N'a-t-il pas toujours manqué quelque chose à votre félicité ? Seigneur, j'ai été malheureux dès que je vous ai quitté, vous, la source vive des véritables
plaisirs ; donnez-moi, Seigneur, l'eau de votre sainte grâce : elle seule est capable d'étancher ma soif.
IL Dans le ciel, Dieu vous contentera pleinement : le ciel n'est autre chose que la possession d'un bien infini, universel, éternel, capable en un mot de contenter tous nos désirs. Oui, Seigneur, je serai rassasié quand vous m'aurez manifesté votre gloire. Je boirai à longs traits aux torrents de délices qui arrosent la Jérusalem céleste. Je ne craindrai plus rien, je ne désirerai plus rien, je n'aimerai que vous et je posséderai en vous tous les biens imaginables.
III. Pour arriver à cet heureux séjour, il faut boire ici-bas le calice de la Passion de Jésus, il faut mouiller son pain de ses larmes et passer cette vie dans les soupirs et les gémissements. Il faut de plus puiser l'eau vive aux fontaines du Sauveur, s'approcher des sacrements, méditer la Passion du divin Maître et imiter ses vertus. En un mot, donnez-vous à Dieu pendant votre vie, et vous le posséderez pendant l'éternité. Le royaume des deux est mis à prix : ce prix âest vous ; donnez-vous vous-même et vous V obtiendrez.
Pratique: La pensée du ciel. — Prière : Pour les évêques.
Oraison.
F^AITES, ô Dieu tout-puissant, que l'auguste solennité du bienheureux Corentin, votre confesseur et pontife, augmente en nous l'esprit de piété et le désir du salut. Par N.-S. J.-C.
MOIS DE DÉCEMBRE. 31g
13 Décembre. — SAINTE LUCIE, Vierge et Martyre.
Voici en quoi a paru la charité de Dieu envers notes : àest qu'il a envoyé son Fils nnique dans le monde, afin que itous vivions par lui. — S. Jean, Épître I, ch. iv.
SAINTE Lucie, vierge de Syracuse, obtint la guérison de sa mère en priant sur le tombeau de sainte Agathe. La jeune vierge demanda aussitôt à sa mère la permission de distribuer aux pauvres la dot qu'elle lui destinait. Son prétendant la dénonça au juge comme coupable de professer la foi chrétienne. Le tyran, l'ayant fait saisir, ordonna qu'on la conduisît en un lieu infâme ; mais on ne put jamais la faire bouger de place. On employa le fer et le feu pour la tourmenter; elle demanda à Dieu de prolonger son martyre, pour fortifie:: les chrétiens dans leur foi, prédit la tranquillité dont l'Église jouirait après la mort des empereurs Dioctétien et Maximien, et rendit son âme à Dieu, vers l'an 304.