MÉDITATION SUR LA MORT DE SAINT ETIENNE
SAINT Etienne se déclare hautement le disciple de Jésus-Christ. Il ne craint pas la mort parce qu'il est plein de grâce et de force; et cette grâce et cette force lui viennent de la foi. La vue du ciel qui s'est ouvert à ses yeux, le rend insensible aux tourments. Si j'avais un peu de foi, si de temps en temps je considérais la couronne que Dieu me prépare dans le ciel, que craindrais-je ici-bas? qu'aimerais-je hors de vous, ô mon doux Jésus ?
IL II supporte courageusement la mort et en mourant il prie pour ceux qui le lapident. Souffrez, pour Jésus les persécutions, et la mort, s'il est nécessaire. Vous ne pourrez rien faire pour lui,dont il ne vous ait donné l'exemple ; mais souffrez en priant pour ceux qui vous persécutent. Savez-vous pourquoi saint Etienne pardonne si facilement à ses
ennemis ? C'est que leur cruauté prépare son triomphe. Comment voulez-vous qu'il s'irrite contre ceux qui lui ouvrent la porte du ciel? S. Eusèbe.
III. Les Actes des apôtres disent, en racontant la mort de ce saint, qu'il s'endormit dans le Seigneur. Sa mort fut donc semblable à un doux sommeil : elle fut en effet le terme de tous ses travaux et le commencement de son repos. Seigneur, faitesmoi la grâce de mourir de la mort des saints, de cette mort si précieuse à vos yeux. Mon âme, vivons, souffrons, travaillons comme les saints, et nous mourrons de la mort des saints. Que je meure de la mort des justes !
Pratique : La charité. — Prière : Pour vos ennemis.
Oraison.
SEIGNEUR, faites-nous la grâce d'imiter ce que nous honorons, afin que nous apprenions à aimer nos ennemis, puisque nous célébrons la naissance au ciel de celui qui pria pour ses bourreaux mêmes, Jésus-Christ, Notre-Seigneur.
27 Décembre. —SAINT JEAN, Évangéliste.
Pierre vit venir après lui le disciple que Jésus aimait, qui pendant la cène reposa sur son sein. — S. Jean ch. xxj.
O AINT Jean l'Évangéliste était jeune encore' ^j lorsqu'il fut appelé â l'apostolat. Il fut le disciple bien-aimé du Sauveur, qui le recommanda à sa Mère du haut de la croix. Après l'Ascension de Notre-Seigneur. il alla prêcher l'Évangile en Asie. Il fut amené à Rome et plongé dans une chaudière
d'huile bouillante ; mais il en sortit sans éprouver aucun mal, et fut envoyé en exil à Pathmos. C'est dans cette île qu'il écrivit son Apocalypse.
Méditation sur la vie de saint Jean.
VOICI l'ami intime de Jésus, celui qui reposa sur son sein pendant la dernière cène, et à qui le divin Sauveur fît part de ses plus grands secrets. La première condition d'une vraie amitié, c'est de n'avoir point de secrets pour son ami. Votre cœur est-il ouvert à Jésus ? Ne prenez-vous aucune résolution sans l'avoir consulté ? Vous pouvez en tout temps pénétrer dans son cœur par la plaie adorable de son côté ; et il ne peut pénétrer dans le vôtre, tout rempli qu'il est par l'amour des créatures \Je vous aime, ô mon Dieu, et je désire vous aimer toujours davantage. S. Augustin.
II. La seconde qualité de l'amitié, c'est de partager avec son ami ce que l'on possède. Or, Jésus pendant sa vie se donna tout entier à saint Jean, et en mourant il lui donna sa Mère. Mon fils, dit-il, voilà votre Mère. Saint Jean s'était donné tout entier à Jésus, il avait tout quitté pour le suivre : donnez-vous de même tout entier à Jésus, si vous voulez être son ami. A qui destinez-vous votre cœur ? le monde est indigne de le posséder. Qu'avezvous donné à Jésus en retour de sa tendresse ? Lui avez-vous consacré votre corps, votre volonté, votre intelligence, en un mot, tout ce que vous êtes et tout ce que vous possédez?
III. Enfin la troisième qualité de l'amitié, c'est la ressemblance : l'amour rend semblables les amis, s'ils ne le sont déjà. C'est aussi cet amour qui a rendu saint Jean semblable à Jésus. Il en fait un second fils de Marie. Jésus vous aimera, si vous lui
ressemblez. Pour en arriver là, il faut, non pas que vous vous reposiez visiblement sur le cœur de Jésus, mais que Jésus vienne dans votre cœur, et que vous n'ayez point d autre volonté que la sienne. Avoir les mentes goûts, les mêmes i'épugna?ices, voilà la véritable amitié. S. Jérôme.
Pratique : L'amour de Dieu. — Prière : Pour l'accroissement de la charité.
Oraison.
DAIGNEZ, ô Dieu de bonté, répandre -sur votre Église les rayons de votre céleste lumière, afin qu'éclairée par les enseignements de saint Jean, votre apôtre et votre évangéliste, elle parvienne aux récompenses éternelles. Par N*-S. J.-C.
28 Décembre. — LES SAINTS INNOCENTS, Martyrs.
Herode envoya tuer tous les enfants qui étaient dans Bethléem, ainsi que dans le pays d'alentour, depuis l'âge de deux ans et au-dessous. — S. Matthieu, ch. ij.
ÉSUS étant né à Bethléem, des rois mages vinrent de l'Orient à la cour d'Hérode et s'informèrent du lieu où se trouvait le roi des Juifs qui venait de naître. Hérode se troubla ; et ayant convoqué les princes des prêtres il leur demanda où devait naître le Christ. Puis il appela les mages en secret et leur dit : Allez, informez-vous avec soin de cet enfant, et lorsque vous l'aurez trouvé, faites-le moi savoir, afin que j'aille aussi l'adorer. Mais les mages, ayant reçu un avertissement du ciel, s'en retournèrent dans leur pays par un autre chemin.
Hérode, ne les voyant point revenir, envoya des soldats pour massacrer tous les enfants de Bethléem et des environs, depuis l'âge de deux ans et audessous.
Méditation sur la fête des saints Innocents.
CES enfants versèrent leur sang pour Jésus- Christ, avant de le connaître. Il y a tant d'années que vous connaissez Dieu et les bienfaits dont il vous a comblé ; comment l'avez-vous servi ? Donnez-lui la fleur de votre vie, consacrez à son service vos plus belles années, à l'exemple des saints Innocents. Heureux enfants ! ils ne peuvent encore prononcer le nom du Christ, et déjà, ils méritent de moufir pour lui. S. Eusèbe.
II. Ce n'est pas en parlant, mais en souffrant et en mourant, que ces prémices des martyrs, ces fleurs de l'Église naissante ont confessé la foi de Jésus- Christ . Souvent Dieu demande que vous le confessiez en vous taisant et en souffrant. On vous calomnie, on vous persécute : souffrez, taisez-vous. Ah ! que cette patience muette est un témoignage éloquent de votre fidélité ! C'est en vain que vous dites que vous êtes tout à Dieu : c'est à vos actions de le dire ; travaillez pour lui, souffrez pour l'amour de lui.
III. Il faut être innocent comme ces enfants, si vous voulez entrer dans le ciel. Si vous avez perdu l'innocence baptismale, il faut laver votre âme dans les eaux amères de la pénitence. Mes yeux, versez des larmes pour éteindre les feux de l'enfer et du purgatoire, et pour laver mes péchés ; car rien de souillé n'entrera dans le royaume des cieux. Heureux si, à l'exemple de ces saintes âmes, nous pouvions obtenir la couronne du martyre ! Cet âget
encore impropre à la lutte est déjà mûr pour la victoire, S. Cvprien.
Pratique: La pureté. — Prière : Pour les enfants chinois.
Oraison.
O DIEU, dont les Innocents Martyrs publient aujourd'hui la gloire, non par leurs paroles, mais par leur sang, faites mourir en nous tous les vices, afin que la sainteté de notre vie proclame la foi que notre bouche confesse. Par N.-S J.-C.
29 Décembre. — SAINT THOMAS DE CAN- TORBÉRY, Évèque et Martyr.
Celui qui garde les commandements demeure enDiettet Dieu en lui. — S. Jean, Epître 1, ch. iij.
SAINT Thomas, archevêque de Cantorbéry et chancelier d'Angleterre, fut envoyé en exil, pour avoir défendu les droits de l'Église. Il se retira en France où il demeura sept ans, vivant de légumes, couchant sur la terre nue, et portant toujours un cilice. Il fut rétabli dans sa charge ; mais son zèle lui attira bientôt de nouvelles persécutions. Il fut assassiné aux pie.ds de l'autel, en- 1175.
MÉDITATION SUR L' AMOUR DE DlEU.
MÉDITONS, dans ces trois derniers jours de l'année, nos devoirs envers Dieu, envers le prochain, et envers nous-mêmes. Vous avez été créé pour aimer Dieu par-dessus toutes choses ; c'est là votre unique affaire ; tout le reste n'est rien. De grâce, dites-moi, qu'avez-vous fait pour Dieu pen-
dant cette année ? Examinez vos actions, vos pensées, vos paroles. De tant de jours passés de tant d'heures écoulées, combien en avez-vous consacrés au service de Dieu? Grand Dieu! vous voulez me rendre éternellement heureux, et je refuse de vous servir durant les quelques moments qu'il me reste à vivre !
IL Qu'avez-vous fait contre Dieu ? Combien de fois avez-vous désobéi à ses commandements et rejeté ses inspirations? Combien de fois avez-vous abusé de ses grâces, profané ses sacrements ? Interrogez votre conscience, et dites avec David: C'est contre vous seul, mon Dieu, que j'ai péché ! J'ai sauvé les apparences, j'ai voulu contenter les hommes par une dévotion de parade, mais je n'ai pu contenter ce Dieu qui voit jusqu'au fond de mon âme. p ai péché contre vous seul et f ai fait le mal en votre prése?ice. Psaumes.
III. Que de chose vous pouviez faire pour Dieu et que vous n'avez pas faites? Cependant Dieu a-t-il pu faire pour vous plus qu'il n'a fait ? Mettonsnous donc à l'œuvre, donnons au Seigneur le reste de notre vie. Nous avons assez travaillé pour notre corps et pour la terre, faisons quelque chose pour notre âme et pour le ciel. Nous avons donné une a?inée à ?iotre corps, donnons quelques jours à notre âme ; vivons un peu pour Dieu, après avoir tant vécu pour le siècle. S. Pierre Chrysologue.
Pratique : L'amour de Dieu. — Prière : Pour le pape.
Oraison.
ODIEU, qui avez vu le glorieux pontife Thomas tomber sous le glaive des impies pour la cause de votre Eglise, faites, nous vous en con-
jurons, que tous ceux qui implorent son secours obtiennent l'effet salutaire de leurs demandes. Par N.-S. J.-C.
30 Décembre. — SAINT SABIN, Évêque et
Conf.
En cela tous coiinaîtroiit que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres. — J--C, en S. Jean, ch. xiij
SAINT Sabin, évêque d'Assise, invité par l'empereur Maximien à adorer une statue de Jupiter, la prit entre ses mains, et aussitôt la statue tomba en morceaux. Maximien lui fit couper les mains et le condamna à mourir en prison. Le juge, à la garde duquel il le confia, se convertit à la vue de ses miracles et subit lui-même le martyre, quelque temps après la mort de saint Sabin.