‹ La vie des saintsChapitre 60 sur 151 · NÉANT · texte numérisé non relu

NÉANT

CONSIDÉREZ que de vous-même vous n'êtes rien, et que vous seriez encore enseveli dans le néant, si Dieu, par un pur effet de sa bonté, ne vous eût appelé à l'existence. Considérez, en second lieu, que vos péchés ont mérité l'enfer, et que vous y seriez déjà, si Dieu n'avait eu pitié de vous. Pourquoi donc vous plaindre, si l'on vous refuse les honneurs que vous ambitionnez? On vous fait jus-

tice en vous traitant de la sorte. O homme ! connais ton néant et ta malice. La plus belle et la plus utile de toutes les connais sances, à est la connaissance de soimême ; par elle on arrive à la connaissance de Dieu. S. Clément d'Alexandrie.

IL De ces deux principes qui sont la base de la véritable humilité, il y a deux conclusions à tirer : la première, c'est que vous devez recevoir avec joie toutes les humiliations qui vous arrivent, puisqu'on ne saurait vous estimer moins, ni vous mettre plus bas que vous ne le méritez ; la deuxième, que vous devez avoir en horreur tous les honneurs qu'on vous rend, puisque vous savez n'en être pas digne. Cette pensée doit vous faire éviter toutes les occasions où vous prévoyez que l'on vous honorera ; elle doit vous porter à fermer les yeux sur vos vertus et vos mérites, pour ne considérer que votre néant et vos péchés. Les saints ignorent les vertus dont ils donnent V exemple S. Grégoire.

III. Enfin, quand vous vous abaisserez ainsi, ne vous imaginez pas que vous ayez fait quelque chose de grand. Quoi que vous disiez pour vous humilier, vous ne direz jamais que la vérité ; encore ne la direz-vous pas tout entière. Quoi que vous fassiez, vous ne ferez que votre devoir, et vous serez toujours un serviteur inutile.

Pratique : L'humilité. — Prière : Pour ceux qui vous gouvernent.

Oraison.

FAITES, nous vous supplions, Seigneur, que l'intercession du saint abbé Gilles nous rende agréables à votre Majesté, afin que nous obtenions par ses prières ce que nous ne pouvons espérer de nos mérites. Par N.-S. J.-C.

2 Septembre. — SAINT ETIENNE, roi de Hongrie.

Que celui qui est juste se justifie encore, et que celui qui est saint se sanctifie encore. — Apocalypse, ch. xxij.

SAINT Etienne, roi de Hongrie, donna à ses sujets l'exemple de toutes les vertus. Il passait une grande partie de ses nuits à prier et à méditer, et se montrait pour les pauvres d'une générosité vraiment royale : jamais il n'en renvoya les mains vides. Ses ressources épuisées, il vendit sa vaisselle pour soulager leur misère. La nuit, il allait incognito dans les hôpitaux et rendait aux malades les plus humbles services. Il consacra son royaume à la Mère de Dieu, pour laquelle il avait une piété toute filiale, et la Vierge en retour, l'appela au ciel le jour de son Assomption glorieuse, l'an du Christ 1038.

méditation sur la justice.

CRAIGNEZ la justice de Dieu ; elle sera terrible dans l'autre monde. Maintenant la miséricorde lui lie les mains, mais alors le temps de la miséricorde sera passé, et Dieu nous jugera dans toute la rigueur de sa justice. Que deviendrai-je, Seigneur, si vous me jugez de la sorte ? jAh ! il faut que je sois moi-même mon juge, et que je me condamne à faire pénitence de mes péchés en ce monde ; car vous me ferez grâce, si je me punis moi-môme. Moins vous vous pardonnez à vous-même, et plus Dieu vous pardonnera. Tertullien.

IL Quand vous parlez des autres, soyez juste à leur égard; parlez de ce qui les concerne comme de ce qui vous touche vous-même. A vous entendre,

tout ce que vous faites est excellent, et tout ce que les autres font laisse à désirer. Il y a beaucoup d'injustice et fort peu de charité dans la comparaison que vous faites de vos actions avec celles de votre prochain.

III Travaillez à devenir de jour en jour plus juste et plus saint ; oubliez le peu de bien que vous avez fait, pour ne penser qu'aux péchés que vous avez commis. Considérez combien vous êtes encore éloigné de la sainteté de Jésus-Christ et des élus ; comparez même votre vie avec celles de tant de saintes âmes que vous connaissez, et vous vous humilierez en voyant le chemin qui vous reste à parcourir pour arriver à la sainteté. Mettez-vous à l'œuvre avec courage. Ne pas avancer,*? est reculer; car rien ne reste stationnaire dans cette vie S. Bernard.

Pratique : La justice. — Prière : Pour les magistrats.

Oraison.

ACCORDEZ à votre Église, ô Dieu tout-puissant, qu'après avoir eu le bienheureux Etienne votre confesseur, pour propagateur durant son règne terrestre, elle mérite de trouver en lui un glorieux défenseur dans le ciel. Par N.-S. J.-C.

3 Septembre. — SAINTE SERAPIE, Vierge et Martyre.

Que chacun examine bien ses propres actions ; alors il aura sa gloire seulement en lui-même, et 7ion dans tin autre. — S. Paul aux Galates, ch. vj.

SAINTE Sérapie ayant refusé de renoncer à la foi, on voulut lui ravir son innocence avant que de lui arracher la vie. Mais Dieu vint

au secours de sa servante et ceux qui voulaient attenter à sa vertu tombèrent à ses pieds à demimorts de frayeur. Par quel charme, lui demanda le tyran, avez-vous réduit ces deux hommes, dans l'état où je les vois ! — Je n'ai point d'autre charme, repondit Sérapie, que la prière et la confiance en Dieu. Le tyran, voyant ses menaces inutiles, la fit flageller et enfin décapiter, l'an 125.

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