‹ La vie des saintsChapitre 8 sur 151 · MÉDITATION SUR TROIS SORTES DE CHOSES QUE NOUS DEVONS PREVOIR · texte numérisé non relu

MÉDITATION SUR TROIS SORTES DE CHOSES QUE NOUS DEVONS PREVOIR

LA prudence, qui est comme l'œil de notre âme, doit nous faire prévoir trois choses. Les adversités d'abord, car elles abattent moins lorsqu'elles sont prévues. Il faut nous préparer à recevoir de la main de Dieu tout ce qui peut nous arriver de plus désagréable dans l'état où nous sommes engagés. Si l'adversité que nous attendons nous arrive, nous serons prêts à la recevoir sans trouble, sans émotion et avec mérite ; si nous sommes épargnés par le malheur, Dieu nous tiendra compte de notre bonne volonté.

IL Nous tombons souvent dans le péché, parce que nous ne prévoyons pas les occasions où nous

serons exposés à offenser Dieu. Au commencement de la journée et de vos principales actions,pensez aux dangers où vous courez risque de vous perdre, et mettez- vous en garde contre ces dangers, par la pensée de la présence de Dieu et du compte que vous aurez à rendre de cette action à votre juge.

III. Prévoyez enfin le bien que vous pourrez faire dans chacune de vos actions, comme le marchand prévoit toutes les occasions de s'enrichir. Vous seriez déjà arrivé à un haut degré de perfection, si vous aviez su profiter de toutes les occasions de vous sanctifier. Combien de fois chaque jour pourriez-vous renoncer à votre propre volonté, vous priver de quelque plaisir, exercer la charité envers votre prochain, élever votre cœur à Dieu, lui offrir vos actions ! Voilà sur quoi vous devriez exercer votre prudence, au lieu de considérer comment vous pourrez amasser des biens qui vous abandonneront au tombeau. Nous nous négligeons nous-mêmes et nous domions tous nos soins à ce qui ne peut nous suivi'e dans Vautre vie. S. Chrysostome.

Pratique : La fuite du péché. — Prière : Pour la conversion des pécheurs.

Oraison.

FAITES, nous vous en prions, ô Dieu toutpuissant, que l'auguste solennité du bienheureux Iilide, votre confesseur et pontife, augmente en nous l'esprit de dévotion et le désir du salut. Par N.-S. J.-C

8 Juillet. — SAINTE ELISABETH, Veuve, Reine de Portugal.

Ordonnez aux riches de ce monde de ne point avoir des sentiments de hauteur, ni de mettre leur confiance dans les richesses incertaines, mais dans le Dieu vivant. — S. Paul, I à Timothée, ch. vj.

7* TRE pauvre au milieu des richesses, mortifié J71/ parmi les délices de la cour, humble sur un trône, c'est une vertu qui n'appartient qu'aux grandes âmes, comme sainte Elisabeth, reine de Portugal. Elle jeûnait au pain et à l'eau trois carêmes pendant l'année, les veilles des fêtes de Notre-Dame et des apôtres, et tous les vendredis de l'année. A la mort du roi, son mari, elle prit l'habit de sainte Claire, avec lequel elle mourut en 1336.

Méditation. — Il faut mettre sa confiance en Dieu et non dans les richesses.

NE mettez pas votre confiance dans les richesses, parce qu'elles ne peuvent pas même vous rendre heureux en ce monde. Il est difficile de les acquérir et difficile de les conserver ; la crainte de les perdre et le désir de les accroître ne laissent à l'âme aucun repos. Peuvent-elles dissiper votre tristesse et votre ignorance, vous guérir de vos maladies ou prolonger votre vie d'un moment ? Elles sont cependant de quelque utilité : c'est lorsqu'on les abandonne pour l'amour de Jésus-Christ ou qu'on les distribue aux pauvres.

II. Ne vous fiez pas à l'amitié des hommes : rien n'est plus inconstant. Le meilleur de vos amis peut devenir votre ennemi le plus acharné. Ne vous appuyez pas sur votre réputation, la calomnie peut

vous la ravir ; ne comptez pas sur votre santé ni sur votre esprit, une maladie peut vous enlever l'un et l'autre. Seigneur, je reconnais enfin que, si vous m'abandonnez, toutes les créatures ne sauraient me secourir ; et quand les hommes pourraient m'assister durant ma vie, pourraient-ils retarder d'un moment l'heure de ma mort et me défendre au tribunal de Dieu?

III. C'est donc en vous, ô mon Dieu, qu'il faut espérer et non pas dans des richesses fragiles et incertaines. On a beau dire que l'argent est toutpuissant, il ne peut nous procurer la sainteté et le bonheur que pour autant que nous le méprisons et le rejetons loin de nous. Les créatures sont des obstacles à notre espérance ; si nous ne possédions pas les biens de la terre, tous nos soupirs seraient pour les biens célestes. Les richesses sont les entraves de notre espérance ; rejetons donc les biens de la terre, si nous désirons ceux du ciel, tertullien.

Pratique : L'aumône. — Prière: Pour les pauvres.

Oraison.

DIEU souverainement bon, qui, entre autres vertus éminentes, avez accordé à la reine sainte Elisabeth la prérogative d'apaiser la fureur des guerres, faites, par son intercession, qu'après la paix de cette vie mortelle, que nous vous demandons très humblement, nous arrivions à la félicité éternelle. Par N.-S. J.-C.

9 Juillet. — SAINT ZENON, Martyr.

Il y a beaucoup d'appelés et peic d'élus. — J.-C, en S. Matthieu, ch. ij.

Sï la conversion d'un pécheur est pour les anges un sujet d'allégresse, quelle joie n'éprouvèrent-ils pas en voyant saint Zenon dans le ciel, accompagné de cette multitude immense de chrétiens qui soutinrent avec lui le martyre ! Ces illustres soldats de Jésus-Christ s'animaient les uns les autres à souffrir généreusement pour la cause de leur Dieu ; vous eussiez dit qu'ils allaient à un triomphe et non pas à un combat. Aucun d'eux ne redoutait les tourments ; tous demandaient à Dieu la constance et pour eux-mêmes et pour leurs compagnons.

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