MÉDITATION SUR TROIS DEGRES DE L' AMOUR DU PROCHAIN
NOUS devons aimer nos parents et nos amis, c'est un devoir que la nature nous impose ; mais Dieu veut que nous suivions en cela sa volonté plutôt que notre propre inclination. Aimez-les, parce que Dieu le veut et comme Dieu le veut. Témoignez-leur cet amour en travaillant de tout votre pouvoir à leur salut et en supportant patiemment leurs défauts ; l'amitié et la charité chrétienne vous en font une obligation.
II. C'est peu d'aimer ses parents et ses amis, cette loi les païens eux-mêmes l'observent ; vous devez aimer les personnes qui ne vous sont unies ni par la parenté ni par l'amitié. Ayez donc de la charité pour tout le monde et spécialement pour les chrétiens : ils sont vos frères. Ceux-là sont plus véritablement nos frères, qui ont reconnu Dieu pour Pire. Tertullien.
III. Faisons plus, aimons nos ennemis. Le chrétien est capable d'un tel acte de charité. Que cet amour est difficile à qui ne consulte que la nature ! Mais qu'il est facile à qui considère Jésus expirant sur la croix pour ses ennemis ! En parlant de saint
Etienne, saint Grégoire dit : Il offre à Dieu quelque chose de plus grand que la mort, la modération de rame et l'amour des ennemis.
Pratique: La charité. — Prière: Pour vos parents et vos amis.
Oraison.
F* AITES, nous vous prions, ô Dieu tout-puissant, que l'auguste solennité du bienheureux Frumence, votre confesseur pontife, augmente en nous l'esprit de dévotion et le désir du salut. Par N.-S. J.-C.
28 Octobre. — SAINTS SIMON et JUDE.
Apôtres.
Parce que vous rtêtes pas du monde et que je vous ai choisis du milieu du monde, le monde vous hait. — J.-C, en S. Jean, ch. xv.
SAINT Simon et saint Jude étaient fils de Marie de Cléophas. Après l'Ascension de Jésus-Christ, saint Simon alla prêcher l'Évangile dans l'Egypte et saint Jude dans la Mésopotamie. Plus tard, ils se retrouvèrent dans la Perse, où ils convertirent un grand nombre de païens. Ils brisèrent.les images du soleil et de la lune, et, à leur commandement, les démons sortirent de^ leurs temples et prirent la fuite sous la forme d'Éthiopiens. Les païens excités par deux mages se jetèrent sur les saints apôtres et les massacrèrent. Les instigateurs du crime périrent frappés de la foudre.
MÉDITATION SUR SAINT SlMON ET SAINT JUDE.
DIEU appelle à son service ceux qu'il aime ; il les sépare du monde, comme il fit pour ces deux apôtres, fils de Marie de Cléophas, cousine de la sainte Vierge. Jésus aimait particulièrement ces deux frères, grâce sans doute à l'intercession de Marie en leur faveur. C'est Dieu seul qui nous appelle à son service, mais combien d'âmes doivent leur vocation à la sainte Vierge ! Renonçons au inonde, et nous serons plus grands que ses honneurs et toute sa gloire. S. Cyprien.
II. Le monde persécuta ces deux apôtres et les fit mourir, parce qu'ils dissipaient ses ténèbres par la lumière de l'Évangile. Hommes apostoliques, la persécution sera toujours votre partage. Vous haïssez le monde, ne vous étonnez pas s'il vous rend la pareille. Réjouissez-vous, car plus vous déplairez aux hommes, plus vous plairez au Seigneur. Le monde n'aime que ceux qui lui ressemblent.
III. Les menaces, les calomnies, les tourments et la mort même ne furent pas capables d'arrêter le zèle de ces deux illustres frères. Le monde s'efforcera de faire échouer tout ce que vous entreprendrez pour l'amour de Dieu ; mais ne vous laissez pas abattre ; marchez en avant, Dieu vous fera triompher de tous les obstacles. Ne cherchons pas à plaire aux hommes : réjouissons-nous plutôt de déplaire à ceux à qui un Dieu même a déplu. S. Paulin.
Pratique : Le mépris du monde. — Prière : Pour la conversion des Indes.
ODIEU, qui vous êtes servi des bienheureux apôtres Simon et Jude, pour nous amener à la connaissance de votre nom ; faites que nous
célébrions leur gloire éternelle en avançant dans la vertu, et que nous avancions dans la vertu en célébrant leur gloire. Par N.-S. J.-C.
29 Octobre. — SAINT NARCISSE, Evêque et Confesseur.
Son être invisible apparaît depuis la création du monde visible, par les choses qui ont été faites et aussi sa puissance éternelle et sa divinité; en sorte qu'ils sont inexcicsables. — S. Paul aux Romains, ch. j.
SAINT Narcisse, évêque de Jérusalem, fut doué d'une patience et d'une douceur admirables. Trois de ses ennemis lancèrent contre lui une calomnie, disant que, si leur accusation était fausse, ils consentaient, le premier à être brûlé, le second à être tourmenté d'une honteuse maladie, et le troisième à perdre la vue. Le saint se retira dans le désert, sans se vouloir défendre. Mais Dieu punit deux de ses accusateurs, et le troisième, reconnaissant sa faute, versa tant de larmes qu'il en perdit la vue.
Méditation. — Il faut admirer Dieu dans les créatures.
LA sagesse de Dieu se reconnaît au bel ordre qui règne dans l'univers. La diversité des créatures, le changement régulier des saisons, les merveilles que la terre, la mer et les cieux étalent à nos regards, tout cela publie hautement la sagesse de Dieu. Ma voix manquera-t-elle seule à cet admirable concert de louanges que toutes les créatures élèvent vers Dieu ? Elles ont été créées pour mon
service, mais aussi pour m'enseigner mes devoirs envers le Seigneur. I? univers créé pour mon set-vice m1 instruit par son exemple. S. Eucher.
II. La bonté de Dieu paraît dans les créatures en ce que le Seigneur ne s'est pas contenté de nous donner ce qui nous était absolument nécessaire, mais y a ajouté tout ce qui peut rendre la vie agréable. Usons de retour à son égard : donnons à Dieu généreusement, non seulement ce qu'il exige de nous, mais encore tout ce que nous pouvons lui donner ; il nous le rendra au centuple dès cette vie. On ne perd rien avec lui, il ne se laisse jamais vaincre en libéralité.
III. La puissance de Dieu éclate merveilleusement dans l'empire qu'il exerce sur les créatures. Toutes obéissent à ses ordres, elles agissent contre les lois de la nature quand il le leur commande, et nulle ne résiste à sa divine volonté. Mon âme, jusqu'à quand résisterons-nous à Dieu ? Aimons les créatures, mais n'offensons pas le Créateur ; usons des biens de ce monde, mais n'en abusons pas, si nous voulons jouir de ceux du ciel. Apprenez à aimer dans les créatures le Créateur ; mais ne vous attachez point tellement à elles que vous perdiez celui qui vous a créé. S. Augustin.
Pratique : L'amour de Dieu. — Prière : Pour la conversion des hérétiques.
Oraison.
FAITES, ô Dieu tout-puissant, que l'auguste solennité du bienheureux Narcisse, votre confesseur et pontife, augmente en nous l'esprit de dévotion et le désir du salut. Par N.-S. Î.-C.
30 Octobre. — SAINT LUCAIN, Martyr.
C est par beaucoup de tribulations qu'il faut entrer dans le royaume de Dieu. — Actes des apôtres, ch. xiv.
SAINT Lucain partit de Bordeaux pour aller prêcher l'Évangile à Paris et continuer l'œuvre du grand saint Denis. Le lieutenant de l'empereur Antonin le fit mettre en prison, et le menaça de la mort s'il n'adorait les idoles. Sur son refus d'obtempérer à cet ordre, il fut décapité. C'est ainsi qu'il couronna ses travaux apostoliques par un glorieux martyre.
Méditation. — Il faut travailler pour gagner