PRÉFACE
tion et ne discute pas trop la note de M. Fleurant.
€ Supposons, dit Spencer, qu’un élève en pharmacie, après avoir écouté la description de certaines douleurs qu'il croit à tort être causées par la colique, mais qui, en réalité, sont causées par une inflammation du cœcum, prescrive une forte purgation et tue le malade ; on le déclarera coupable d'homicide par imprudence. On n’admettra pas l’excuse que son intention était bonne et qu'il espérait faire du bien. Il ne pourra pas se justifier en disant qu'il s’est simplement trompé dans son diagnostic. On lui répondra qu'il n'avait pas le droit d'exposer la vie du malade en se mêlant d’une matière dans laquelle il avait des connaissances tout à fait insuffisantes. [l ne pourra pas plaider le fait qu'il ne savait pas lui-même combien il était ignorant. Il est implicitement admis que l’expérience commune à tous aurait dû lui apprendre que même ceux qui ont étudié la médecine, à plus forte raison ceux qui ne l'ont pas étudiée, commettent des erreurs dans le diagnostic des maladies et dans les remèdes à prescrire : puisqu'il a négligé l’avertissement donné par l'expérience commune, 1l est responsable des conséquences.
€ Les responsabilités encourues par les lécislateurs pour les maux qu’ils peuvent causer sont mesurées avec
beaucoup d’indulgence. Dans la plupart des cas, loin