‹ La vie des sociétésChapitre 9 sur 208 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

aucun diagnostic, sans aucune connaissance de l’ana-

tomie ou de la physiologie de la société. Ils n’ont jamais aucun doute sur l’efficacité de leurs remèdes et ne tiennent aucun compte des effets ultérieurs que ces remèdes peuvent avoir. »

Parmi nos législateurs actuels, qui font des lois pour ou contre le libre échange, pour ou contre la colonisation, qui, en d’autres termes, appliquent au corps social des médicaments obstruants parfois, désobstruants quelquefois, soporifiques souvent, qui appliquent même à cet organisme la saignée, combien y en a-tl qui aient étudié l’action physiologique de ces médicaments, de ces lois dont ils rédigent la formule? combien se sont enquis de l'anatomie de cet organisme, des causes variables de ses diverses maladies, et de la valeur diagnostique des symptômes? Beaucoup d’avocats connaissent sans doute le répertoire des lois, comme un droguiste connait le répertoire des drogues : le droguiste sait bien que l’huile de ricin est purga- | tive, mais il ignore quelles sont les indications de son emploi, quelles en sont les conséquences éloignées, parce qu'il n’est pas médecin; aussi refuse-t-on au droguiste le droit de prescrire des médicaments. Il en est tout autrement, lorsqu'il s’agit &« d’amollir, humecter et rafraîchir les entrailles » de l'organisme so-

cial, qui est cependant un Argan de bonne composi-

Page 1