‹ La vie des sociétésChapitre 11 sur 208 · PRÉFACE. CE · texte numérisé non relu

PRÉFACE. CE

de penser qu'ils méritent d’être punis pour avoir amené des désastres par des lois rendues par ignorance, nous pensons à peine qu'ils méritent être blâmés. — Il est admis que l’expérience commune aurait dû apprendre à l'élève pharmacien peu instruit à ne pas s’ingérer de la médecine; mais il n’est pas admis que lexpérience commune ait dû apprendre au législateur à ne pas se mêler de légiférer, avant qu'il soit instruit. — Quoiqu'il ait devant lui dans le recueil des lois de notre propre pays et des autres pays une multitude de faits, qui devraient lui faire voir les maux immenses causés par une mauvaise législation, 1l n’est point condamné pour avoir négligé ces avertissements contre une ingérence trop prompte. Au contraire, on regarde comme un acte méritoire de sa part quand, peut-être sorti récemment du collège, peut-être possesseur d’une meute de chiens qui l’a rendu populaire dans son comté, peut-être fraîchement arrivé d’une ville de province, où il a acquis une grande fortune, peut-être sorti du barreau où il s’est fait un nom, 1l entre au parlement et qu’il commence immédiatement à faciliter ou à empêcher, d’un cœur léger, le moyen d'opérer le corps politique. En ce cas il n'est pas nécessaire de plaider pour lui l’excuse qu'il ne sait pas combien 1l est ignorant ; car le public, en général, est d'accord

avec lui pour penser qu'il est inutile d’en savoir plus

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