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RÉFORME DE L'OUTILLAGE

engrais et éviter d’avoir, comme aujourd’hui, du guano, qui ne contient plus que 2 à 3 % d'azote au lieu de 14 ou 15 %, ou de prendre pour des engrais complexes, dits de poisson, un mélange de débris de schiste, de briques, de cailloux, de

:plâtres, de coquillages et de paille. Il appréciera tous les avan-

tages qu’on peut retirer de l’utilisation des eaux d’égout ou des résidus de l’industrie, tourteaux des huileries, drêches des distilleries, noir animal des raffineries de sucre, noirs d’os

et phosphates, qui ont déjà amélioré les landes de la Bretagne

et celles de la Gascogne.

Lorsqu'il aura compris tout cela, le paysan français saura faire des engrais un emploi judicieux, il augmentera son bétail, qui lui donnera l’engrais naturel, réduira la surface de ses emblavures, réservant le blé aux terres aptes à le donner, et élèvera ses rendements par chaque surface cultivée.

On ne saurait trop en outre encourager la variété des cultures. Les agronomes, dans certains terrains, recommandent la culture du houblon comme très rémunératrice : elle peut, disent-1ls, rapporter 1.000 francs nets à l’hectare ; c’est ainsi que récemment, à Saint-Ecrève, près de Grenoble, MM. Gaché, Poulat et Papet, brasseurs, n’ont pas hésité à cultiver le houblon sur une étendue de 30.000 hectares. Les bénéfices réalisés sont déjà considérables ; 1l est vrai que la main-d'œuvre a été singulièrement diminuée, grâce à l’idée qu’a eue M. Poulat de supprimer les deux tiers des grandes perches habituellement employées dans cette culture et de les remplacer par des fils de fer, grosse économie, qui dispense, en outre, de faire l’arrachage annuel des piquets.

. Plus encore que notre industrie, l’agriculture française a besoin de réformer son outillage et de le mettre au niveau de notre milieu social. Ou reproche, par exemple, à la minoterie francaise de ne pas tenir son outillage au courant des progrès. « Confiants, dit M. Paul Muller, dans les meules de la Ferté- « sous-Jouarre, les meuniers ont dédaigné les nouvelles ma- « chines hongroises, et aujourd’hui les farines de Hongrie ar-

« rivent à Paris, malgré le droit de 1 fr. 20 par 100 kilog. et « des frais de transport considérables. M. Paul Sée, dans ane « excellente brochure sur la situation de la meunerie, estime « à 15 francs l’ensemble des frais (transport, douane, com- « mission, etc.) pour le quintal métrique de farine hongroise. « Les farines hongroises se vendent avec une plus-value no- « table sur les nôtres, à cause de leur beauté. Que nos meu- « niers travaillent aussi bien que les Hongrois, et ils seront « amplement protégés par cette dépense de 15 francs qui « grève le transport des farines hongroises.

« La substitution des nouveaux procédés aux anciens s’o- « père à l'étranger. Les résultats obtenus par les grands « moulins hongrois montrent les avantages de la mouture « graduée. En dix ans les principaux moulins à cylindres de « Pesth ont payé annuellement un dividende moyen de & 14 %. Un de ces moulins a donné une moyenne de 27 % et « est arrivé jusqu’à 40 %.»

Il en est de même pour notre agricullure, qui ne peut se sauver qu'en devenant industrielle ; nous n’avons qu'à prendre modèle sur l'Amérique et à voir ce qui se pratique dans les grandes fermes à blé de l’ouest, où abondent les batteuses, botteleuses, hache-paille, coupe-racines, etc. Grâce à cet outillage, M. Dalrymple, le directeur de la grande ferme à blé de Casselton, déclare que le prix de revient moyen du blé qu’il récolte ne dépasse pas 5 francs l’hectolitre.

Toutcela, dira-t-on, est possible en Amérique, dans ces grandes exploitations ; mais allez donc demander cet outillage au paysan français, là où la terre est heureusement très divisée! Il suffit, pour répondre à cette objection, de citer ce qui se passe dans notre Flandre, où la terre est très divisée, car la moitié des exploitations n’excède pas 5 hectares; le quart varie entre 5 et 6 ; un huitième se tient entre 10 et 20 ; enfin un autre huitième entre 20 et 50. Eh bien, là, grâce à une culture industrielle et intensive, toujours tenue au courant de tous les perfectionnements des machines et des engrais, le

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