‹ La vie des sociétésChapitre 12 sur 208 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

que ce que les débats sur les mesures proposées Jui auront appris.

€ Et cependant 1l suffit de jeter les yeux sur l’histoire des législations pour voir combien les maux causés par des législateurs ignorants sont plus nombreux que ceux causés par des ignorants qui se sont mêlés d’administrer des remèdes (1) ». |

Au surplus, on »’a que trop fait prendre de remèdes au pauvre organisme social et il faut qu'une société soit douée d’un robuste tempérament, pour avoir résisté à toutes les expériences faites sur elle par les empiriques. La médecine n’a jamais donné si peu de drogues que depuis qu’elle est devenue scientifique et rationnelle, car les médecins ont compris, à mesure qu'ils étudiaient davantage la physiologie, que l'hygiène pouvait plus que la thérapeutique pour le bien des individus. [l en est de même pour la vie des sociétés : la politique doit renoncer à droguer les peuples et s'attacher surtout à faire observer les lois de l'hygiène sociale. Or il n’y à pas deux sortes d'hygiène : celle qui prend le nom de sociale ne doit pas différer de l'hygiène imdividuelle. Il n’y a pas plus deux sortes d'hygiène qu’il n’y a deux sortes de morale, pour les particuliers et pour les nations. € Le devoir de l'État,

(1) L'Individu contre l'État, par Herbert Spencer, traduit par Gerschel. — Paris, Alcan, 1885.

R : cité

PRÉFACE. XTIT

c'est d’être honnête homme », a-t-on dit récemment. Le devoir d’une société, c’est d’être un organisme sain et fonctionnant librement, sans entraves. Le moyen, c'est d'observer les lois de l'hygiène sociale.

Or cette science, appliquée à l'individu, nous enseigne qu'il faut que l’organisme s’accommode avec le milieu, qu'il faut favoriser la hbre circulation et la libre évolution des éléments anatomiques, qu'il faut, en un mot, assurer le libre fonctionnement des lois physiologiques.

L'objet de ce livre est précisément de réunir, comme dans un traité d’hsstoire naturelle, un certain nombre de documents, qui permettent de déduire les lois physiologiques de l'organisme social. L'individu y est considéré comme simple élément anatomique du corps social et étudié successivement dans les modifications que le nombre des éléments similaires, leur structure, leur nutrition, leur reproduction, leur richesse ou leur pauvreté peuvent faire subir à cet organisme:

Après avoir étudié le milieu social et l'organisme social, je décris sous le nom de sociabilité l’affinité qui pousse les hommes à la vie sociale. La domesticahion et la civilisation étudiées parallèllement montrent combien à tort certaine philosophie sépare l’homme du reste des animaux. L'organisme social est ensuite

suivi dans son évolufion, soit au point de vue des

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