ASSOCIATION AGRICOLE
même, pour la vente des récoltes, pour la fabrication des fromages dans les fruitières.. Déjà le Jura, les Alpes et les Pyrénées ont avec succès suivi l’exemple de la Suisse et de ses fruitières prospères. Dans plusieurs départements il se forme de véritables syndicats agricoles, acheminement vers lesgrands anonymats agricoles, analogues à ceux de l’industrie. M. Paul de Jouvencel a décrit par avance l’état social de l’agriculture, lorsqu'elle aura achevé cette évolution, qui commence à l’heure actuelle. « Au moyen de la charrue à vapeur et des grandes
machines, les labours et toutes les façons principales, aussi bien que les récoltes, étant faites à meilleur marché et en temps utile, avec célérité, on évite une foule de pertes petites, mais fréquentes, dans l’agriculture actuelle.
« Le fermier actuel achète souvent à crédit, c’est-à-dire en subissant une majoration des prix ; au contraire, l’association agricole achète au comptant et avec un escompte à son profit.
€ Dans la ferme actuelle, il arrive qu’on n’a pas tout le fumier nécessaire ; peu s’en faut, peut-être, cependant il en manque. D'ailleurs, les fumiers sont, le plus souvent, assez mal préparés, mal conservés ; on perd les jus, on ne tient pas assez compte du besoin spécial des champs selon leur nature.
€ Dans l’association agricole, tout se fait scientifiquement ; tels champs reçoivent tels fumiers appropriés, tels autres reçoivent d’autres amendements particuliers qui leur sont nécessaires ; la chimie, consultée, donne des indications certaines. De tout quoi il résulte, au profit de l’association agricole, des avantages nombreux, les uns considérables, les autres petits, mais multipliés par le coefficient des 365 jours de l’année.
& Le fermier actuel a souvent besoin de vendre lorsqu'il y aurait intérêt à garder : l’association agricole n’est jamais dans ce cas.
« Le fermier actuel n’ose pas toujours, souvent même il ne
« peut pas avoir tout le bétail nécessaire ; l’association agri- « cole ne manque jamais de se munir complètement.
« Le fermier actuel manque à chaque instant des opérations « partielles faute d'ouvriers ; il est obligé d’avoir souvent re- € cours aux ouvriers étrangers.
« L'association agricole n’éprouve jamais ces ennuis et ces « nécessités : les ouvriers sont à la fois salariés et associés ; « plusieurs petits manouvriers, propriétaires de quelques lo- « pins, ont abandonné leur terre à l’association ; ils sont por- « teurs d'actions, extrêmement intéressés an succès de l’af- « faire ; ils y travaillent avec ardeur, parce que c’est leur chose « propre. Dans ce système d’exploitation, la main-d'œuvre « n’est plus appliquée pour les grandes opérations, labourage, « fauchage, etc., mais elle est nécessaire sur une bien plus « grande échelle que dans la culture actuelle. On fait des « drainages, des fossés ; on supprime tels chemins d’exploita- « tion incommodes et onéreux, on les remplace par d’autres &« chemins plus directs, plus larges, mieux établis ; c’est du « travail pour les hommes. »
Sans aller jusque-là, il est aisé, dès maintenant, de pratiquer l’association sans rien changer au milieu social des campagnes ; déjà en Allemagne, sous l’inspiration de Lansdorff, de Schulze-Delitch et du D’ Schneider, une propagande énergique, sous le nom de lique agricole, répand dans les campagnes les principes de l'association. IL existe chez nos volsines 28 sociétés pour l’acquisition des semences et des engrais, 86 pour l’achat du bétail, 46 pour l’outillage agricole.
Dans le département de l'Oise, 1l existe deux sociétés de battage du grain. Il en existe ailleurs pour l’achat des instruments, des plants, des engrais achetés en commun, au comptant par conséquent, et rigoureusement analysés. Des syndicats agricoles fonctionnent depuis 1883 dans le Loiret-Cher, dans l’Aisne, dans l’Oise. |
Il en existe un semblable dans l’arrondissement de Grenoble. Ce syndicat est une association, dont peuvent faire partie
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