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RÉUNION PARCELLAIRE

moyenne dé 76 ares. Le parcellement nouveau auquel 1l a été procédé, il y à un peu plus de vingt ans, en vertu de la loi de 1861, a réduit le nombre des parcelles à 60, d’une étendue moyenne de près de 10 hectares (9 hect. 82). Le travail, terminé en un an, n’a coûté que 3.126 francs. La réduction des surfaces occupées par les chemins et clôtures représentait un bénéfice très supérieur à cette dépense et la productivité to- tale du territoire s’est trouvée accrue à ce point, qu'il a fallu agrandir tout à la fois les granges et les étables.

Nos paysans français ont d’ailleurs depuis longtemps compris ces avantages, dans certaines provinces, au moins. Dès 1697 les habitants de Rouvres, près Dijon, s’étaient entendus pour remanier leurs parcelles. François de Neufchâteau, cité par M. de Foville, rapporte que « l’arpenteur Feugeray « divisa toutes les contrées du ban en sections aboutissant & toutes sur des chemins... 4.000 journaux de terre divisés « en un nombre infini de petits champs et appartenant « à 300 propriétaires furent réunis de manière à ne former « que 400 à 500 pièces de terre. Par le bienfait d’un tel « travail le territoire de Rouvres est devenu à la longue « comme une espèce de jardin, et rien n’est plus admirable « que la variété des cultures qu’on y aperçoit aujourd’hui. »

11 en fut de même en Lorraine en 1763 et en 1773 : le remaniement fut fait par l’accord wnanime des « syndics, habitants, propriétaires et autres ayants-droit ».

Aujourd’hui même, dans la Meurthe, sous l'inspiration d’un propriétaire, M. Gorce, un grand nombre decommunes ont procédé librement à ce remaniement et après consentement de l’unanimité des propriétaires. Organisés sous la forme d'association syndicale, les propriétaires déclarent « asso- « cier leurs intérêts en vue d’une opération, qui constituera « une des œuvres d'amélioration agricole ayant un caractère « collectif prévu par le paragraphe 8 de l’article 1% de la « loi da 21 juin 1865 sur les associations syndicales, et qui « comprendra :

« 1° La création de chemins d’exploitation ;

« 2° Le redressement des parcelles courbes ou irrégulières, | « ainsi que des petits cours d’eau;

« 3° Le remembrement général du territoire, avec abor- « nement des cantons, bênes et lieux dits;

& 4° Le renouvellement du cadastre. »

Après avoir étudié ces faits contemporains, M. de Foville s'exprime ainsi : « Voilà done une opération qui, sans imposer € à qui que ce soit d’autres obligations que celles qui ont été &« volontairement acceptées, tarit dans une localité la source « des procès et profite à tout le monde. M. Gorce, à lui seul, « a depuis 1860 porté son at lux dans quinze communes : & Altroff, Lening, Omelmont, Bermering, Clerey-Tonnoy, € Saint-Firmin, Benney, Praye, Burthecourt, Azelot, Remeré- « ville, Sommerviller, Xirocourt et Villey-Saint-Étienne, en « tout 13.762 hectares et 65.715 parcelles; il y à créé un réseau « de 259 kilomètres de chemins ruraux, dont l’emplacement « à été prélevé à titre gratuit sur le parcellaire; et il ne « semble pas que les gens du pays exagèrent la plus-value « acquise par les territoires ainsi réorganisés en l’évaluant « à une demi-douzaine de millions. »

D'une façon générale M. Tisserand estime la plus-value foncière qui résulte de l’opération à 25-80 % et l’accroissement du revenu net à 30-40 %. |

Je ne parle ici de la loi Torrens, que pour compléter la série des réformes que réclame le milieu social des campagnes. C’est ailleurs que le lecteur trouvera les documents nécessaires sur cette loi facultative, introduite en Australie grâce à l'initiative de Torrens.

J'espère que Yves Guyot réussira à l’acclimater en France, car en Australie elle a fait ses preuves et, toute facultative qu'elle soit, tout le monde veut être sous sa protection : excellent exemple, soit dit en passant, en faveur de l'utilité qu’il y

aurait à faire des lois temporaires, facultatives et locales,

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